Dix ans après l’affaire DSK, Anne Sinclair sort du bois. Non seulement elle s’est exprimée à propos du comportement qu’a eu son ex-mari, mais dans un livre à paraître le 2 juin, Passé composé, elle revient aussi sur son départ de TF1, il y a 21 ans, quasiment jour pour jour.

Le 5 juin 2001, elle quitte la chaîne dont elle était une des journalistes vedettes, ne serait-ce qu’avec son rendez-vous hebdomadaire du dimanche soir, 7 sur 7, qu’elle a animé de 1984 à 1997, d’abord en alternance avec Jean Lanzy, puis, à partir de 1987, en solo. Elle a l’impression d’être traitée comme si elle avait “volé dans la caisse”, confie-t-elle dans Paris Match.


Sur le trottoir, comme une malpropre

Convoquée par le directeur des ressources humaines de l’époque, Nonce Paoli, futur président de TF1, elle constate tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond. “L’homme porte bien son prénom, il est toujours affable, souriant, rose, et un rien onctueux. Ce matin-là, le prélat est blême, non pas de fureur, mais de gêne. […] Il va exécuter un ordre de son patron (Patrick Lelay, NdlR.), dont il sait qu’il contrevient au droit du travail.”

L’entrevue dure trois minutes, explique-t-elle. Elle est priée de rendre son badge d’accès aux locaux de l’entreprise et son téléphone portable. Le couperet est tombé : “Je viens d’être virée de TF1, après 18 ans passés dans la maison”. “J’ai une heure pour remplir un carton, faire mes adieux à mes équipes et quitter la tour Bouygues, l’immeuble de TF1 à Boulogne.”

TF1 condamné

Sa faute ? Une trop grande franchise et de trop nombreuses amitiés à gauche. Rappelons qu’en 1997, son mari, Dominique Strauss-Kahn avait été nommé ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le gouvernement Jospin. Ce mandat politique avait déjà contraint Anne Sinclair à renoncer à la présentation de 7 sur 7 pour se consacrer au magazine Un mois, une heure, toujours sur TF1.

© AFP

Lors de la privatisation de la chaîne en 1987, elle faisait pourtant partie des personnalités de premier plan de l’entreprise. Elle avait été nommée directrice adjointe de l’information, puis directrice générale de TF1 Entreprise.

Elle avait contesté son éviction devant les tribunaux et obtenu gain de cause. TF1 avait été condamné à lui verser près de 2 millions d’euros de dommages et intérêts.