Hécatombe en psycho ? L’UCLouvain nuance

LOUVAIN-LA-NEUVE D’après les chiffres rendus publics par les étudiants PTB, seuls 4 des 751 étudiants de BAC1 auraient réussi en juin. C’est un peu moins simple…

Vincent Fifi
Psycho, Comac et UCLouvain
©CVTFI

"Hécatombe à l'UCLouvain : 4 étudiants sur 751 réussissent leur première année de psychologie", dénonce Comac, le mouvement étudiant du PTB, dans un communiqué envoyé à la presse vendredi matin. Alors que les étudiants communistes avaient déjà pointé l'an dernier un taux de réussite de 0,7 % en BAC 1 de la fac de psycho néolouvaniste, on arriverait cette année à… 0,53 %.

Pour Comac, ce résultat fait suite à des méthodes d'évaluation des étudiants qui ne sont pas correctes, et que le parti a déjà dénoncées jusqu'au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. On parle ici d'épreuves pour lesquelles le seuil de réussite serait fixé non pas à 10/20 mais à 12, 14 voire parfois 16. "Injuste et illégal", dénoncent les étudiants PTB qui demandent à la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, de réagir.

Pour Cloë Machuelle, présidente de Comac Louvain-la-Neuve, ces modalités sont prévues pour mettre des bâtons dans les roues des étudiants, et seraient la conséquence du manque de financement de l’enseignement supérieur.

Du côté de l’UCLouvain, que nous avons fait réagir, on précise d’emblée que les chiffres de Comac ne veulent rien dire. D’abord parce qu’ils ne sont pas définitifs : il y a eu un problème lors de la correction par lecture optique de certaines copies, les résultats seront donc revus, majoritairement à la hausse.

"C'est vrai qu'il y a eu un souci avec la correction d'un cours donné en BAC1 et en BAC2, nous confirme une étudiante concernée. Ils ont donc dû tout refaire à la main, et nous avons reçu la rectification des points vendredi matin."

Autre (grosse) nuance à apporter aux chiffres avancés par Comac : en réalité, 64 % des étudiants de BAC1 ont opté pour une "note de présence" à un ou plusieurs examens de cette première session. En clair, ils n’ont pas passé l’épreuve, reportant un ou plusieurs examens directement au mois d’août. Cela permet d’alléger la première session… ou d’éviter la cata si on se rend compte juste avant l’épreuve qu’on n’est pas prêt ou prête.

Il apparaît également que si d’après Comac, quatre étudiants seulement ont réussi, ce chiffre ne prend en compte que ceux qui ont décroché 60 crédits. Mais on sait qu’avec 45 crédits, les étudiants sont "admis à poursuivre" en BAC2 s’ils repassent les crédits manquants par la suite. Et 185 étudiants se trouvent dans ce cas.

"L'an dernier déjà, on nous avait interpellés sur le sujet, confirme l'attachée de presse de l'UCLouvain, Isabelle Decoster. Mais finalement, après la deuxième session, le taux de réussite était de 30 à 35 %, ce qui est assez comparable à ce qu'on observe dans d'autres facultés en BAC1."

L’UCLouvain souligne par ailleurs que dans l’ensemble de ses facultés, tous les cours dispensés font l’objet d’une évaluation au minimum tous les trois ans. Les réponses à un questionnaire rempli par les enseignants et par les étudiants font partie des critères pris en compte. Et si un souci est constaté, par exemple un taux d’échec anormalement élevé, des adaptations sont apportées.

Du côté du cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur, ce sont les déclarations de Comac sur le sous-financement de l'enseignement supérieur qui ont fait réagir : "Nous rappelons que le refinancement de l'enseignement supérieur sera d'ampleur, puisque 50 millions d'euros par an supplémentaires sont prévus dès cette année, 70 millions d'euros pour 2023 et 80 millions d'euros par an supplémentaire dès 2024, précise le porte-parole de Valérie Glatigny, Olivier Schotte. Nous avons également renforcé les aides à la réussite, de 83 à 89 millions d'euros par an".

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