Bloqué en voiture, un sexagénaire s'agace et frappe à coup de niveau de chantier

N’appréciant pas d’être bloqué par un autre véhicule dans un rétrécissement, un sexagénaire a voulu régler ce souci de circulation à sa manière.

Vincent Fifi
Bloqué en voiture, un sexagénaire s'agace et frappe à coup de niveau de chantier
©prétexte- Photo News

Sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel, Salvatore, un Waterlootois, contestait les violences qui lui étaient reprochées. Le 13 avril 2021, dans une rue de Waterloo, il s’est retrouvé coincé par un autre véhicule dans un rétrécissement et estimait que même s’il n’avait pas la priorité, l’autre pouvait monter sur le trottoir pour le laisser passer.

"Moi, je ne pouvais pas faire marche arrière ni avancer : c’était normal qu’il se range ou qu’il recule, bouillonnait encore le sexagénaire devant le tribunal. Quand on conduit, il faut un peu de bon sens !"

Mais ce n’est pas ce problème de priorité qui valait au Waterlootois de s’expliquer devant la justice. Le ton est monté entre les deux automobilistes et Salvatore est allé chercher un niveau de chantier dans son coffre, avant de s’en servir pour frapper sur le véhicule de l’autre conducteur et sur l’homme, qui s’est constitué partie civile.

"Je ne pensais pas qu’il se servirait de cet outil…"

"Je ne pensais pas qu'il se servirait de cet outil, a précisé ce dernier devant le tribunal. Mais il l'a fait, j'ai remis les images de ma dashcam à la police. J'ai tenté d'attraper son niveau plusieurs fois, j'ai eu des contusions. Il ment, il a aussi frappé sur ma carrosserie. Moi, je ne l'ai jamais menacé, je lui ai juste demandé de reculer. Vous avez non seulement les images, mais aussi le son…"

Le ministère public a visionné la séquence tournée par la caméra embarquée dans la voiture de la victime. On y voit le prévenu faire des appels de phare et de grands gestes pour obliger l’autre protagoniste à le laisser passer. N’obtenant pas gain de cause, il saisit un niveau de chantier et on entend un bruit sourd sur la vidéo, avant que la victime lui demande s’il est fou.

Un certificat médical a aussi été déposé au dossier… "C'est un certificat de complaisance, c'est lui qui a provoqué", a éclaté Salvatore, avant que son avocate tente de rattraper la sauce en expliquant que son client est déjà suivi sur le plan psychologique, et qu'il était stressé par le contexte.

Dans son jugement rendu voici quelques jours, le tribunal correctionnel du Brabant wallon estime que les préventions sont établies et prononce une peine de huit mois d’emprisonnement. Salvatore pourra cependant bénéficier d’un sursis probatoire de trois ans pour éviter la prison ferme, à condition de suivre une formation à la gestion de l’agressivité et de poursuivre la thérapie déjà entamée. Il devra aussi indemniser la victime en payant près de 800 €.

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