Le bourgmestre de Nivelles cité en justice

Atteinte du syndrome de Diogène, une Nivelloise cite le bourgmestre à l’audience de mardi prochain du tribunal des référés.

Jean Vandendries
Le bourgmestre de Nivelles cité en justice

L’avocat Philippe De Keyser défend les intérêts d’une Nivelloise, Sonia V., une femme de 65 ans qui, atteinte du syndrome de Diogène établi par certificat médical daté du 5 septembre dernier, a été admise quatre jours plus tard à l’hôpital Saint-Pierre d’Ottignies.

Il s’agit d’un syndrome dépressif rendant nécessaire l’administration de sa personne et de ses biens.

Le 2 septembre dernier, le bourgmestre de Nivelles, Pierre Huart, considéra que son habitation de la rue du Tienne à Deux Vallées n’était pas occupée en respect des normes de salubrité et d’hygiène. Il intima l’ordre d’une visite des lieux fixée à ce lundi 19 septembre à 11 h 30.

L'avocat vole au secours de sa cliente : "J'ai lancé citation au civil contre le bourgmestre devant le tribunal des référés qui siégera mardi prochain 20 septembre. Je lui demande d'interdire à Pierre Huart de mettre à exécution sa décision du 2 septembre.

J'ai également déposé une requête en administration de la personne de ma cliente et de ses biens devant le juge de paix du canton de Wavre puisqu'elle se trouve à Ottignies. L'audience doit se tenir mercredi prochain, 21 septembre.Ma cliente a refusé l'aide du CPAS (Centre public d'action sociale) de Nivelles qui lui a proposé d'aller se loger ailleurs. Elle dénie à cette institution le droit de se croire investie d'une mission de surveillance et le droit de faire incursion dans son immeuble. La situation est la révélation d'une pathologie."

À ce propos, la littérature médicale expose que la personne atteinte de ce syndrome choisit un isolement social. Elle en arrive à vivre presque recluse chez elle, se désintéressant, à un degré plus ou moins grand de son hygiène corporelle. Accumuler chez elle de grandes quantités de déchets ou d’objets sans utilité immédiate l’amène à vivre dans des situations insalubres.

Pierre Huart connaît le dossier : "En 2017 déjà, les services de secours et la police m'ont informé de l'état de ce logement dans lequel je me suis rendu le 4 septembre de cette année-là. Des mesures d'assainissement ont été suggérées, mais constat a été opéré il y a quelques semaines que la situation n'avait pas évolué. La loi communale, en ses articles 133 et 135, impose au bourgmestre la responsabilité des logements. Voilà pourquoi une descente sur les lieux a été programmée pour ce lundi mais, en raison de la citation en justice, elle sera annulée en attendant l'audience fixée au lendemain."

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