Le gérant du "home de la honte" à nouveau libre

On l'appelait le « home de la honte » à Gosselies. Le gérant a écopé de cinq ans de prison avec sursis pour moitié. Il est revenu à Nivelles.

Jean Vandendries
Le gérant du "home de la honte" à nouveau libre
©BELGA

Oscar C., 45 ans aujourd'hui, était, depuis 2013, gérant de la résidence Massimo dans laquelle la police et les services sociaux descendirent début octobre 2016 suite à plusieurs plaintes.

Ils découvrirent une cinquantaine de résidents vivant dans des conditions plus que précaires alors que l'exploitant roulait carrosse ou plutôt en Ferrari sans se préoccuper de l'état de santé morale ou physique des malheureux.

Il fut placé sous mandat d'arrêt le 6 octobre 2016 mais bénéficia d'une libération conditionnelle le 24 octobre. Il prit peur et s'enfuit en Espagne. Le 23 novembre 2017, Charleroi lança contre lui un mandat d'arrêt européen qui aboutit à son arrestation avec retour en Belgique le 19 février 2019. À la clef, un nouveau mandat d'arrêt. L'homme fut libéré le 4 juillet 2019 après versement d'une caution.

Le 2 septembre 2020, le tribunal correctionnel de Charleroi lui infligea cinq ans de prison dont la moitié avec sursis lié à des conditions telles que trouver du travail et un domicile en Belgique, indemniser les victimes.

Désormais citoyen rixensartois

Le dossier est revenu le 24 août dernier devant le tribunal correctionnel de Nivelles car l'intéressé a élu domicile à Rixensart. En février 2021, il reçut un billet d'écrou pour une condamnation, en 2014, à un an de prison avec sursis, lequel avait été révoqué.

Son avocat Dimitri de Beco intervint fort à propos. Il fit observer que le mandat d'arrêt européen, qui avait entraîné le retour en Belgique de son client, ne concernait nullement les faits de 2014. Du coup, le parquet général de Mons suspendit provisoirement le billet d'écrou et Oscar C. retrouva la liberté.

Il n'en avait pas fini avec la justice. La condamnation à cinq ans de prison avec sursis pour moitié (2 septembre 2020) suivait son cours et un assistant de probation était chargé de surveiller le dossier et de faire rapport à la commission ad hoc quant au respect des conditions probatoires imposées au précité.

Deux rapports furent déposés. Ils ne lui étaient pas favorables. L'homme était présenté comme peu collaborant et son attitude pouvait laisser supposer qu'on allait au-devant de problèmes. Il fut convoqué devant la commission mais il ne se rendit pas au rendez-vous.

Le dossier revint normalement devant le tribunal qui, en l'absence d'Oscar C., révoqua le sursis. Il fut arrêté le 12 avril dernier.

Le 24 août, Me de Beco mit en évidence le fait que son client n'avait plus commis la moindre infraction depuis 2016. Peu au fait des arcanes procédurières, il a été pris dans une sorte de flottement, mais il a respecté les conditions mises à l'octroi du sursis carolorégien et il a déjà remboursé 203000 euros alors que sa condamnation porte une amende de 632000 euros.

La substitute du procureur du Roi Magali Raes marqua son accord pour que le tribunal revoie sa copie et maintienne le sursis à condition que l'intéressé continue à indemniser les résidents ou leurs héritiers. Le tribunal y a fait droit.

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