Le poste avancé des pompiers de Villers-la-Ville… toujours inutilisé 10 ans après

Dix ans après sa création, toujours aucun pompier n’occupe la caserne de Tilly.

Le poste avancé des pompiers de Villers-la-Ville… toujours inutilisé 10 ans après

C’était en septembre 2012, il y a donc dix ans tout juste. Les responsables coupaient le ruban inaugural d’un grand bâtiment destiné à abriter des pompiers et leurs véhicules à Tilly, à deux pas de l’usine chimique Sidech, classée Seveso. Objectif : réduire le temps d’intervention des hommes du feu à Villers-la-Ville, puisqu’arriver dans cette zone à partir des casernes de Nivelles ou de Wavre prenait, selon les calculs de l’époque, une vingtaine de minutes. Ce qui est (très) long en cas d’incendie ou d’autres catastrophes…

Mais voilà, dix ans plus tard, le Poste avancé de Tilly n’abrite toujours pas de pompiers. Il sert à la zone de secours du Brabant wallon, mise en place en 2015, essentiellement pour le stockage. Retour sur un fiasco.

En 2012, l’idée initiale était de réserver les bâtiments de Tilly aux pompiers volontaires, et ceux-ci étaient censés venir, en grande partie, de l’usine voisine.

En effet, la Sidech - devenue aujourd’hui 5N Plus et menacée de fermeture - fonctionnait 24 h sur 24 et disposait d’hommes formés en interne pour lutter contre les incendies. L’accord passé avec la Commune prévoyait que cette dernière finance la formation complémentaire de ces travailleurs pour qu’ils deviennent de vrais pompiers. L’usine était d’accord pour les libérer en cas de besoin, et a même cédé pour un euro symbolique le terrain où le poste avancé a été construit avec un subside provincial d’un million d’euros.

Une localisation qui pose problème

"Mais la loi prévoyait que les pompiers volontaires, rapidement rappelables, devaient être 'domiciliés' à huit minutes de leur caserne, explique le bourgmestre Emmanuel Burton. Les travailleurs de la Sidech n'entraient pas dans cette catégorie, alors qu'ils travaillaient au bout de la rue, à trois minutes à pied du nouveau poste avancé !"

Celui-ci dépendant de la caserne de Nivelles, une campagne a ensuite été lancée pour trouver des pompiers volontaires domiciliés aux alentours immédiats de Tilly. Il a fallu du temps mais un certain nombre a été trouvé. Problème : la réforme des services de secours est arrivée entre-temps. Avec notamment l’imposition d’un nombre minimal de pompiers présents en caserne pour assurer à la fois les départs et la garde.

C'est d'ailleurs ce qui a conduit la nouvelle zone de secours à progressivement augmenter son nombre de pompiers professionnels, investissant dans ce domaine afin de respecter les normes dans les casernes existantes. Certaines "tournaient" aussi en bonne partie avec des volontaires comme Tubize et Jodoigne.

Mauvais timing pour Villers, où la densité de population et le nombre d’interventions justifiaient sans doute un peu moins la dépense…

D’autant que les règles ont également été modifiées pour définir les secteurs d’intervention : le principe n’est plus d’attribuer une série de communes à défendre à une caserne, mais de tenir compte du meilleur temps d’intervention.

Résultat : Tilly étant situé en "bord de zone", ses pompiers financés par le Brabant wallon seraient sans doute appelés à intervenir une majorité du temps. en province de Namur ou en Hainaut.

"C'est pour cela qu'il faudrait conclure des accords avec les zones voisines, indique le président du collège de zone, Christophe Dister. Il serait intéressant de refaire une évaluation des temps d'intervention : en Brabant wallon, il y a deux endroits critiques : Villers-la-Ville et La Hulpe/Genval. Nous voulons une couverture optimale mais deux postes en plus, et le personnel correspondant, ça coûterait beaucoup d'argent, à l'heure où les pouvoirs locaux sont déjà fort inquiets. Pour l'instant, le dossier n'est pas sur la table."

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