Brabant wallon Une bonne partie de ces ouvrages d’art pourrait s’effondrer dans les cours d’eau

Depuis sa création il y a quelques années, le contrat de rivière Dyle-Gette (CRDG) s’est posé en fervent défenseur des cours d’eau sur les deux bassins concernés. Qu’il s’agisse de la petite source aux plus gros affluents. Avec pour objectif de rendre nos rivières plus agréables à l’œil mais également plus propres et plus propices à la vie aquatique.

C’est ainsi que, récemment, le CRDG a établi près de 3.600 points noirs sur les 700 kilomètres de cours d’eau dont il a la gestion. Parmi ceux-ci, les rejets d’eaux usées étaient les plus importants, avec plus de 1.900 faits recensés.

Mais une autre problématique préoccupe actuellement les membres du contrat de rivière : celle de l’état des ponts et passerelles enjambant les cours d’eau. Selon le CRDG, pas moins de 80 ouvrages d’art détériorés ont été recensés sur les bassins de la Dyle et de la Gette. "Le recensement a débuté en 2010, précise Isabelle Delgoffe, attachée de projets au sein du contrat de rivière. Notre équipe a sillonné les 700 kilomètres de cours d’eau et avait alors recensé pas moins de 150 ouvrages d’art dégradés."

Ces ponts, passerelles et autres murets présentaient des défauts bien visibles. Tels que des rembardes de sécurité détruites ou carrément absentes. Voire une structure bancale ou détériorée qui présentait un risque d’effondrement. Depuis, le CRDG a contacté une grande partie des propriétaires. Et une septantaine d’ouvrages d’art ont pu être remis en état ou être supprimés.

Récemment, c’est le pont dit de la Pizza Hut, à Wavre, qui a pu être rénové. "Mais cela a été particulièrement difficile d’en retrouver les propriétaires. Ce pont était devenu dangereux. La barrière de sécurité n’existait plus et le pont n’était pas éclairé. On craignait qu’un piéton ou une voiture finisse par tomber dans la Dyle."

Aujourd’hui, il reste environ 80 ponts qui restent problématiques en Brabant wallon. "Depuis le recensement, la Province et certaines communes ont pris ce problème à bras-le-corps, précise Isabelle Delgoffe . Mais c’est un problème assez compliqué à résoudre. Car il faut contacter les propriétaires et ils ne sont pas forcément faciles à retrouver."

Ensuite, il faut encore les convaincre de réaliser les travaux. Ce qui n’est pas forcément évident. "Cela peut vite coûter cher et certains ont d’autres préoccupations que de s’occuper d’un pont. Surtout si les petits dégâts ne sont pas trop graves. Mais on essaie de leur expliquer que réparer rapidement des petits dégâts coûte moins cher que de laisser le pont pourrir et de devoir effectuer des travaux plus conséquents quelques années plus tard. C’est ce qu’on a vu récemment à Court-Saint-Etienne. Une passerelle mal entretenue a dû être totalement remplacée. À grands frais."


Une source d'inondations


En temps normal, c’est la personne desservie par l’ouvrage d’art qui doit s’en occuper. Ainsi, une passerelle menant à une propriété est censée être entretenue par les propriétaires de celle-ci. Si c’est un pont qui est aménagé sur une route, sa gestion revient à la Région, la Province ou la commune.

Et certains propriétaires rechignent parfois, faute de moyens, de l’entretenir. Pas vraiment une bonne idée : les propriétaires de ces ouvrages d’art peuvent s’exposer à des amendes allant jusqu’à 1.000 € en plus de l’imposition de remise en état de l’élément problématique. Lequel peut avoir des conséquences parfois dramatiques. "Si une rembarde de sécurité d’une passerelle se brise sous le poids d’une personne et que celle-ci tombe, ça peut être dangereux, explique Isabelle Delgoffe. Et le propriétaire de cette passerelle peut s’exposer à des poursuites pénales pour négligence et défaut de prévoyance."

Par ailleurs, un ouvrage d’art qui s’effondrerait pourrait aussi obstruer le passage du cours d’eau et causer des inondations en aval. Là aussi, les personnes sinistrées pourraient se retourner vers le propriétaire de l’ouvrage. "Le CRDG essaie donc de mettre les propriétaires devant leurs responsabilités. On essaie de leur faire prendre conscience des risques auxquels ils s’exposent. Et généralement, les réparations sont faites dans un délai relativement court, lorsqu’on parvient à identifier et contacter les propriétaires."