Brabant wallon

L'apiculture, la passion d'une vie.


À Ramillies, en plein cœur du village, Charles Docquir est un apiculteur heureux !

"J’ai découvert l’apiculture en 1998 car un voisin avait quelques abeilles. Il m’a proposé d’aller les voir et j’ai directement eu envie d’en avoir également…"

Dès 1999, Charles disposait de trois colonies d’abeilles et, au fur et à mesure, il est passé à vingt-cinq colonies… "Mais il a fallu alors décider si j’en prenais beaucoup plus ou… beaucoup moins ! Mon choix, vous vous en doutez, a été d’en avoir vraiment beaucoup plus, au point d’avoir à ce jour 150 colonies depuis 2009, où cela est devenu une activité complémentaire…"

Une colonie, cela représente 40 000 abeilles pour avoir du miel mais, si elle se porte bien, le nombre peut avoisiner les 80 000 abeilles ! "J’ai une quinzaine de sites où on retrouve entre trois et vingt colonies. Il est important d’avoir une diversité florale sur ces sites. Une centaine d’entre elles sont en production."

Jamais avare lorsqu’il s’agit de parler de sa passion, Charles peut vous parler des abeilles des heures durant.

Mais cela ne l’empêche pas de passer de nombreuses heures à veiller sur ses abeilles ! "Cela me prend plus qu’un temps plein ! Je suis pensionné, donc cela me permet d’assumer. Mais mes abeilles, ce sont mes journées, mes week-ends, mes vacances, mon passe-temps. J’adore ça. "

Le Ramillois tient à aller voir chacune de ses colonies une fois par semaine, afin de s’assurer que tout va bien. "Mais, une fois venu le temps du miel, il faut trouver des moments supplémentaires pour gérer cet aspect-là !"

Tout n’est pas toujours rose pour les apiculteurs. "Ce printemps a été très triste. On a fait à peine un tiers, voire même un quart, par rapport à l’an passé. Il a fait trop frais. Les fleurs étaient là, l’humidité aussi, les abeilles étaient bien présentes, mais on n’a pas su en profiter… Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte. Le miel, on peut avoir une année une production de une tonne et l’année suivante, quatre tonnes… Là, le printemps a été mauvais mais l’été s’annonce par contre très bien."

Dans son travail avec les abeilles, il y a un aspect important que Charles ne délaisse pas, c’est la relation publique. "Ce n’est pas celui que je préfère car, personnellement, la seule chose qui compte, c’est d’être avec mes abeilles. Mais c’est important d’avoir des contacts avec l’extérieur pour expliquer ce que l’on fait. Les visites d’écoles sont intéressantes, tout comme les journées portes ouvertes. On a eu plus de 600 visiteurs pour l’action Fermes ouvertes ! J’apprécie de parler de ce que représente l’abeille, de sa responsabilité dans la vie de tous les jours, de son importance dans la biodiversité, mais je veille aussi à la faire connaître ! Ces insectes sont merveilleux."

Tant qu’il a la santé, Charles continuera en tout cas avec l’apiculture, car c’est tout simplement toute sa vie !


Selon Charles Docquir, il n’est pas possible en Belgique de vivre de la vente du miel

"Le miel ? Moi, je le vends à 6 euros les 500 grammes mais on me dit que je suis bon marché, généralement, on le trouve à 7 voire à 8 euros !"

Charles Docquir est passionné par l’apiculture. Si cela lui prend tout son temps, pas question cependant de vouloir bien en vivre. "C’est un produit relativement difficile à produire. Cela prend du temps et c’est un investissement conséquent. On n’en vit pas, cela reste un hobby qui parfois peut rapporter mais aussi peut parfois coûter de l’argent…"

C’est que la période pour le produire est restreinte en Belgique. "La période s’étend du 15 avril, voire du 1er les bonnes années, jusqu’à fin juin. Nous avons trois mois pour faire du miel, c’est peu !"

Et puis, s’il y a de plus en plus d’apiculteurs qui se lancent dans l’aventure, beaucoup arrêtent rapidement. "Les pertes peuvent être importantes. Pour ma part, l’hiver n’a pas été trop rude mais j’ai perdu 20 % de mes colonies. Donc, je passe mon temps à les reconstituer. Et puis, tout cela coûte de l’argent pour se lancer. Il faut compter de 500 à 1 000 euros, cela représente un petit budget pour un hobby. Il faut aussi bien s’entendre avec le voisinage. Moi je n’ai aucun souci mais tout le monde n’est pas dans le même cas. Mais c’est clair que le miel régional est très demandé. On n’arrivera jamais à fournir en suffisance par rapport à la demande. On propose 20 % du miel vendu en Belgique. Le reste est importé."