Si le soleil était de la partie ce mercredi matin à l’occasion du traditionnel marché wavrien, du côté des commerçants, c’était plutôt la soupe à la grimace. La raison ? La présence de produits dits "non essentiels" en vente alors que dans le même temps, les commerces wavriens ont portes closes ou doivent travailler sur rendez-vous. "Toutes les échoppes des commerces ambulants, essentiels ou pas, sont présentes, librement accessibles à toute la clientèle, note Bernadette Pierre, la présidente de l’Association des commerçants de Wavre. Pendant ce temps, les commerçants wavriens, comme tous les commerçants du pays, doivent recevoir leur client uniquement sur rendez-vous. Beaucoup de consommateurs croient même que tous les commerces sont fermés. Certains le sont effectivement par manque de rentabilité : il vaut parfois mieux recevoir un droit passerelle et mettre le personnel en chômage temporaire que d’ouvrir boutique pour ne réaliser que 10, 20 ou 30 % du chiffre d’affaires."

Bien évidemment, la présidente wavrienne n’a rien contre les maraîchers qui font leur travail mais ce "deux poids deux mesures" pose problème. "Nous souhaitons bien sûr que le commerçant ambulant gagne sa vie et nous ne leur en voulons pas d’être présents sur ce marché. Mais que faut-il dire à nos commerçants ? Sortez vos tringles de vêtements sur le trottoir, vendez en plein air sans rendez-vous ? Étalez vos montres, bijoux, chaussures ou autres à l’extérieur et haranguez la foule ? Les dernières mesures prises par notre gouvernement poussent les indépendants à bout, sans même citer les métiers de contact et l’Horeca qui eux, sont au fond du trou. Oui, c’est le ras-le-bol", conclut-elle.

De son côté, Moon Nassiri, l’échevin du Commerce de Wavre, comprend tout à fait le coup de gueule de l’association. "Je suis solidaire avec eux et je comprends leur réaction, avoue-t-il. Maintenant, les maraîchers doivent aussi travailler et ils ne bénéficient pas des mêmes aides." Face à cette situation, une réunion a été programmée en urgence ce jeudi matin. "Nous allons nous réunir avec la police, la bourgmestre et le gestionnaire du marché afin de trouver des solutions. Nous allons voir dans quelle mesure on peut trouver une équité", conclut Moon Nassiri.