L'avocat général Stéphane Lempereur a requis vendredi matin, devant la cour d'assises du Brabant wallon, une peine entre 25 et 30 ans de réclusion assortie de dix ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines (TAP), à l'encontre d'Émilie Nieuwland. La Jodoignoise née en 1977 a été déclarée coupable jeudi du meurtre par empoisonnement de Dimitri Henry, en juin 2020 à Jodoigne. 

L'avocat général a indiqué dans son réquisitoire qu'il était par principe opposé à une peine à perpétuité, qui est un message de "non-espoir" pour les condamnés. Mais il a estimé que compte tenu de la gravité des faits, la peine devait se situer dans une fourchette de 25 à 30 ans de réclusion, 25 ans étant un minimum sous lequel il souhaite que les jurés ne descendent pas.

"Il faut prononcer une peine que vous estimez juste. Une peine chiffrée parce que c'est important qu'il y ait une échéance. Une peine de perpétuité, c'est envoyer un message de non-espoir. Même si les faits sont odieux, on juge une femme et retirer tout espoir à un être humain, c'est en faire un animal. Je suis opposé à cela", a indiqué l'avocat général aux jurés pour expliquer son opposition de principe à la peine à perpétuité.

Ce qui ne l'a pas empêché de requérir une peine qu'il a lui-même qualifiée de "lourde". L'avocat général a également estimé dans son réquisitoire que ce n'était pas la personnalité "borderline" d'Émilie Nieuwland qui explique les faits commis, et qu'il considère comme soigneusement organisés par l'accusée.

Pour lui, il s'agit d'une vengeance et le besoin continu de vengeance d'Émilie Nieuwland constitue un "facteur de danger pour l'avenir". D'où la peine de complémentaire de 10 ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines requise en plus par l'avocat général, afin qu'une surveillance particulière soit exercée sur la Jodoignoise à l'issue de la peine principale. MEB/