En août 2015, la police est intervenue sur la Grand-Place de Nivelles, après que des témoins ont signalé la présence sur la voie publique d’un homme manifestement ivre, accompagné d’une fillette. Les agents ont téléphoné à la mère de l’enfant, qui est venue la rechercher. Elle a expliqué, furieuse, que l’homme en état d’ivresse était un ami de son ancien compagnon. Et que la petite lui avait confié que ce Nivellois lui avait fait subir des attouchements à plusieurs reprises.

Le père de l’enfant, vivant dans la précarité, était en effet régulièrement hébergé chez le suspect. Pendant qu’il dormait dans le salon, l’homme tentait d’attirer la fillette dans son lit. Il lui donnait aussi des douches de temps en temps, profitant de l’occasion pour la caresser et réclamer qu’elle aussi le touche. Un jour où la victime a refusé de céder malgré l’insistance du Nivellois, il lui a dit qu’elle devait être contente d’être chez lui, au lieu d’être à la rue avec son papa…

L’enquête a montré que de 2004 à 2015, profitant de diverses occasions, Patrick G. s’en est pris à au moins deux autres fillettes, à peu près du même âge. Il parvenait à obtenir la confiance des parents pour héberger des enfants. Et lorsqu’il les transportait sur son scooter, il leur demandait de se serrer sur la selle, contre son sexe. Un autre fait avait eu lieu lors d’un réveillon de Noël. Profitant de l’ambiance festive et relâchée, le Nivellois avait demandé à une enfant de venir sur ses genoux. Il en a profité pour la caresser sur tout le corps au-dessus et en dessous de son pyjama, et l’embrasser sur la bouche.

Arrestation immédiate

“Je lui ai donné des bisous parce que je l’aimais bien, mais pas sur la bouche”, avait indiqué le prévenu lors de sa comparution devant le tribunal correctionnel. Où il niait donc une partie des faits, sans se montrer très convaincant. C’est qu’en plus des récits précis des trois victimes, l’homme devait également persuader la justice qu’il avait rompu avec son passé : il a été condamné à Bruxelles en 1995 et en 2001, à des peines de deux ans et trois ans de prison, pour des faits de mœurs identiques à ce qui lui était à nouveau reproché…

L’avocat de la défense avait suggéré l’octroi d’un nouveau sursis, que son client soit pris en charge de manière stricte et spécialisée. Mais un tel suivi avait déjà été tenté par le passé et l’équipe qui l’assurait avait finalement décidé d’y mettre fin, vu les nombreuses absences injustifiées du Nivellois.

Le tribunal a tranché jeudi et a tenu compte, certes, de l’ancienneté des faits, mais surtout de leur gravité, du nombre de jeunes victimes et des conséquences pour celles-ci des agissements du prévenu, qui est en récidive. Le Nivellois écope de sept ans de prison ferme, suivis de cinq ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines. Vu le danger que représente Patrick G., son arrestation immédiate a également été ordonnée. Arrivé libre à l’audience, il est donc reparti menottes aux poignets, entre deux policiers.