Chez Clément est une brasserie de très bonne réputation. La nuit venue, il arrive qu’elle se transforme en piste de danse avec risque de bagarre. C’est ce qui s’est passé le 6 mars 2020. On n’est pas loin de 2 h lorsqu’Émilie (prénom d’emprunt), une Grézienne de 27 ans, un verre de champagne en main, s’approche d’une autre femme qui a commis l’irréparable outrage de connaître une liaison amoureuse avec son ex-compagnon.

Selon ses propos tenus à l’audience du 16 mars dernier, Émilie a “énormément bu”, ce qui ne l’empêche pas de tenir en main un verre de champagne qui va s’écraser sur l’oreille de “la belle rousse”. Résultats du coup ? Une perte de connaissance, onze points de suture, une incapacité de plus de quatre mois et un renvoi en justice pour Émilie qui a fait plaider l’absence d’intention dans son chef.

“Mon verre, c’était volontaire, je le reconnais. Je voulais lui lancer le contenu au visage. J’ai été maladroite et le verre m’a échappé.” Une version balayée du revers de sa toge par la substitute du procureur du roi Olivia Cuylits : “elle ne tient pas la route. La blessure n’est pas compatible avec le simple lancer du contenu. Il y avait volonté d’écraser le verre sur la tête de la victime qu’elle a continué d’invectiver ”.

L’ex-compagnon de la prévenue l’a dépeinte comme “possessive, capricieuse, incapable de maîtriser ses sentiments”. 

Une peine de deux ans de probation autonome fut requise avant que l’avocat de la prévenue ne vole au secours de cette dernière “ni agressive ni revancharde”. Son geste “inapproprié” a peut-être été provoqué par une légère bousculade. Il plaida l’acquittement pour cette prévention de coup et pour celle de harcèlement. Émilie et sa rivale ont figuré sur un groupe confectionné par un tiers qui les a malencontreusement réunies. C’est dans un message adressé via Messenger que la victime fut qualifiée de “la belle rousse”, laquelle ne s’est pas constituée partie civile car il y a eu indemnisation totale du préjudice.

Le tribunal a acquitté la prévenue de cette dernière prévention et il l’a condamnée à deux ans de probation autonome avec comme conditions s’abstenir de consommation excessive d’alcool et entreprendre un suivi médico-psychologique. Le jugement parle de coup porté avec force, non accidentel, d’autant qu’un témoin a déclaré que l’intéressée était encore hystérique après l’incident.