Brabant wallon On le sait peu, mais Ottignies a déjà donné son nom à deux bières. Deux autres sont en cours d’imagination. Rencontre.

Le coq du Botroul peut chanter fièrement. Aux abords de la clinique Saint-Pierre et l’effervescence des urgences, la paisible ancienne étable du Petit-Ry renferme un trésor artisanal bien de chez nous : la fabrication d’une bière. Derrière les murs, Denis Dion et Didier Bacq, amis et brasseurs, détiennent secrètement la recette des bières d’Ottignies, à savoir une blonde et une ambrée. "On a commencé par faire quelques tests dans de petites cuves de 20 litres, raconte Denis. Après seulement deux tentatives, nous sommes parvenus d’accord sur une blonde rafraîchissante, mielleuse et avec de la longueur."

Très vite, ils veulent l’appeler "Ottignies". Soutenus par le collège communal et l’échevin Cédric du Monceau, ils débutent la commercialisation d’une blonde dès l’été, puis d’une ambrée l’hiver d’après. "Les débuts ont été difficiles. On faisait un peu les choses dans le désordre, confie Didier. Mais nous avons été fort soutenus par les pouvoirs publics mais aussi par les autres microbrasseurs de la région."

Le dernier marché de Noël de Louvain-la-Neuve est leur premier grand test. Et un déclic se produit. "On les a fait déguster aux visiteurs et on leur a demandé leur avis. C’était très positif et très encourageant. C’est à partir de là qu’on a un peu réussi à se faire connaître auprès de la population." Et Denis d’ajouter : "nous avons même été sélectionnés lors de la quinzaine de la bière par les étudiantes du cercle des sciences", se rappelle-t-il.

Le train est en marche , il ne faut désormais pas le rater. Pendant que Denis brasse, Didier tente de faire connaître le fruit de leur travail auprès des commerçants. "On n’a pas de difficultés à vendre dans les épiceries locales et les circuits courts. Malheureusement, quand vous allez voir un gérant d’un café, il se doit de refuser car il est sous contrat d’exclusivité avec d’autres centres de distribution. Ce qui ne nous empêche pas d’être présents au Novotel de Wavre ou au restaurant du domaine du Bois des Rêves", poursuit Didier.

Cet automne, les deux brasseurs ottintois vont réfléchir à la fabrication de deux nouvelles bières. Une brune "proche de la Chimay brune ou de la Chimay bleue", précise Denis. Et une fruitée avec des notes de cerise ou de fraise prévue normalement pour l’été 2020.

Leurs bières sont disponibles dans les commerces de proximité (lire plus bas) mais aussi directement à la brasserie pour se faire plaisir ou pour des événements de clubs sportifs, associations ou restaurants. Les bières sont également vendues en fûts. Et croyez-moi, elles valent un détour.

A la recherche d'un entrepôt

Située actuellement derrière les urgences de la clinique Saint-Pierre, la petite brasserie ottintoise commence à être à l’étroit. "Nous sommes dans une ancienne ferme, raconte Didier. On a tout rénové et mis aux normes AFSCA. Malheureusement, aujourd’hui, l’espace commence à manquer."

Leur projet ? Trouver un nouveau hangar pour entreposer les bières fraîchement mises en bouteille. "Si on déménage une partie de notre stockage, on pourrait y ajouter de nouvelles cuves et du matériel supplémentaire, enchaîne Denis. Ce qui permettrait d’augmenter notre production."

Auparavant, leur rêve était d’emménager dans les anciens locaux de l’entreprise "Eau du Paradis" située sur l’avenue provinciale à Mousty. "C’était un lieu idéal. On aurait eu pignon sur rue, beaucoup d’espace et surtout, la possibilité de puiser l’eau de Sty pour fabriquer nos bières, précisent Denis et Didier. Mais emménager là-bas n’est clairement pas dans nos budgets", concluent-ils, un brin rêveur…

En savoir plus:

www.biere-ottignies.be

Sur Facebook : Bière Ottignies

Tél. : 0475.38.98.34