Des fouilles archéologiques ont été menées grâce aux travaux de la N 243a



TOURINNES Fouilles de sauvetage. C’est ainsi que se nomment les recherches qui auront été effectuées ces dernières semaines sur le tracé de la N 243a.

L’espace d’une vingtaine de jours ouvrables, le service archéologique de la province du Brabant wallon (le SABW fait partie du Service public Wallonie) a profité des travaux en cours sur la route menant de la chaussée de Huy à la sortie d’autoroute n°10 pour gratter le sol.

C’est que le site présente un réel intérêt. “Les recherches à Tourinnes-Saint-Lambert ont débuté à l’entame du XXe siècle”, rappelle Frédéric Hanut, de la direction de l’archéologie du SPW. “Une société archéologique bruxelloise était tombée sur des sépultures, un four de potier et un bâtiment sur hypocauste. Ont suivi des fouilles autour des années 1960-1970…”

En 1995, à l’occasion de la création de la 10e sortie, le service archéo la Région wallonne a retrouvé une route traversant ce qui s’est avéré être un vicus (une petite agglomération gallo-romaine) et reliant peut-être Gembloux à Tirlemont.

Le fait que le SPW refasse la N 243a était donc l’occasion de compléter le sujet en allant voir ce qui se cachait sous le bitume.
Grâce à une excellente collaboration entre l’ex-Met, la société chargée des travaux et les archéologues, l’étude de l’endroit a bien avancé. Le tout aussi vite que possible.

“Nous sauvons les meubles, en fait”, note Dominique Bosquet, du service archéologique du Brabant wallon. “Reste que nous aurons eu le temps d’établir le plan des vestiges et, via des morceaux de céramiques, de dater le site (on serait au IIe siècle de notre ère). Bref, sans le chantier, nous n’aurions jamais pu découvrir tout cela. À l’inverse, une fois les travaux terminés, l’endroit ne devrait plus être accessible pendant quelques siècles.”
Un bien pour un mal, donc.

© La Dernière Heure 2010