Brabant wallon Premier couac pour Eneco dans sa nouvelle enquête publique

Début mars, lorsqu’Eneco annonce officiellement l’ouverture d’une nouvelle enquête publique afin de pouvoir construire 9 éoliennes dans la Plaine de Boneffe, la société oublie de publier l’information correctement sur la commune la plus opposée au projet : Ramillies. En effet, parmi les obligations auxquelles est tenue la société éolienne, il y a, notamment, celle d’informer la population par l’intermédiaire de la commune (l’affichage public jaune bien connu) mais également par voie de la presse publicitaire gratuite de chaque commune. Ce qu’Eneco a fait pour toutes les communes concernées par le projet éolien de la Plaine de Boneffe… sauf pour Ramillies.

La société, face à son erreur, a été tenue d’introduire un "renouvellement de l’enquête publique" sur cette commune.

Lors des précédentes enquêtes publiques liées à l’installation des éoliennes dans la Plaine de Boneffe, (la dernière ayant eu lieu en 2015), un peu plus de 350 citoyens avaient contacté les communes concernées afin de soutenir le projet tandis que plus de 3.300 citoyens avaient réclamé que le projet ne voie pas le jour dans la Plaine de Boneffe. Et aujourd’hui encore, les deux camps tentent de rassembler leurs forces vives afin de sensibiliser la population à leurs propres arguments.

Certains habitants nous rapportent même vivre une véritable course à la signature, poussant même certains défenseurs à ratisser les maisons de repos en vue de quémander des signatures favorables au projet.

D’un côté, les partisans à l’installation des éoliennes en Plaine de Boneffe mettent en avant l’urgence énergétique face au réchauffement climatique ainsi que le fait que la Plaine est, à ce jour, appauvrie par l’agriculture intensive pratiquée par des cultivateurs de grosses parcelles. Les partisans estiment également que les mesures de compensation prévues par Eneco pour les oiseaux de la Plaine permettront la sauvegarde d’une bonne partie d’entre eux. Enfin, ils mettent en avant que le projet offre la possibilité d’impliquer des coopératives citoyennes, ce qui n’est pas toujours le cas.

Pour les détracteurs, en revanche, il s’agit de défendre la Plaine de Boneffe en vue de préserver son caractère unique et particulier. En effet, pour les opposants au projet, il s’agit d’une grave erreur éthique que de laisser penser à la population que placer 9 éoliennes dans la Plaine de Boneffe se fera sans dommages collatéraux au niveau d’un autre pan de l’écologie qui est la sauvegarde de certaines espèces d’oiseaux déjà fragilisées par ailleurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’association de défense de la biodiversité, Natagora, est partie prenante dans tous les recours menés auprès du Conseil d’État aux côtés du Collectif citoyen "Plaine de vie" et qu’ils ont été rejoints par la commune de Ramillies depuis quelques années.