Lire&Écrire rappelle que tout le monde n’a pas la même facilité à exercer ses droits

Choisir entre diverses listes pas forcément explicitement liées à un parti traditionnel, éplucher les programmes des uns et des autres, comprendre les enjeux, décortiquer les projets promis pour l’après 14 octobre n’est pas forcément évident. Mais pour un électeur sur dix, c’est carrément mission impossible.

En effet, Lire&Écrire Brabant wallon a rappelé ce week-end à Nivelles, via une action symbolique et un débat avec des candidats de toutes tendances politiques, qu’un électeur sur dix en Fédération Wallonie-Bruxelles est en situation d’illettrisme. Alors que pour les élections qui s’annoncent, pratiquement tout passe par l’écrit : convocations, programmes et tracts, et évidemment le nom des candidats sur les bulletins de vote. "C’est interpellant et nous voulions rappeler cette situation aux candidats et aux pouvoirs publics en général, indique Jean Péters, le coordinateur du pôle Développement de Lire&Écrire Brabant wallon. On peut toujours demander à quelqu’un pour être aidé dans l’isoloir mais l’autonomie de choix est tout de même mise à mal. Et pour la réflexion avant le vote, nous faisons de l’éducation permanente, nous pouvons expliquer techniquement comment voter. Mais pas dire pour qui, évidemment : ce n’est pas notre rôle !"

Le but de l’action de ce week-end, sur le court terme, était de sensibiliser les hommes politiques pour qu’ils adaptent leur communication à ce public en situation d’illettrisme. Mais il s’agit surtout, sur le fond, de réaffirmer l’importance des associations qui travaillent avec les personnes en situation d’illettrisme pour leur permettre d’acquérir les savoirs de base.

Aujourd’hui en Brabant wallon, Lire&Écrire est implanté à Tubize, Nivelles, Braine-l’Alleud, Court-Saint-Etienne, Ottignies et Perwez. Chaque année, ce sont environ 350 apprenants qui fréquentent les formations pour trouver un emploi, pouvoir passer le permis de conduire ou encore suivre la scolarité de leur enfant.