Le 3 décembre, Thiery Champagne deviendra bourgmestre à la place de Claude Jossart, 24 ans après sa première élection. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, nous l'avons rencontré.


Si vous deviez vous décrire votre parcours politique en quelques mots ?

"Je suis né à Chastre et je me suis intéressé très jeune à la politique, notamment via mes études de sciences économiques à l’UCL. Je me suis présenté aux élections communales en 1994 et j’ai été élu conseiller à Chastre. Élu, j’ai pris goût davantage à la politique notamment par son action. J’avais envie. Je me suis donc représenté et j’ai été élu échevin de 2000 à 2012. Je n’ai pas voulu continuer avec le collège après 2012 parce qu’on avait beaucoup de divergences. J’ai donc créé une liste citoyenne, dans l’opposition de 2012 à 2018, où on a aussi travaillé et donner notre avis."

Quel sera le style Thiery Champagne?

"Un style beaucoup plus participatif d’abord en interne. C’est-à-dire du fonctionnement du collège. Même si ce sera peut-être un peu difficile à cause d’une coalition avec deux partis politiques, je veux un collège qui participe comme ce fut le cas de 2000 à 2006 avec Claude Jossart sans guerre politique au sein du collège. Et être plus participatifs avec les citoyens, car nous sommes tout de même élus pour gérer l’argent des Chastrois !"

Êtes-vous sportif?

"J’ai toujours adoré le sport, notamment le football. Le souci est que mes parents n’étaient pas très partants pour m’inscrire au football donc j’ai pratiqué plutôt le tennis et le volley. À 19 ans, je suis revenu à mon premier amour, le football à Cortil-Noirmont. Puis je suis devenu président du club pendant plus de huit ans. J’ai tout misé sur la formation des jeunes et surtout avoir toutes les équipes d’âge."

Vous êtes aussi gérant d’une société…

"Oui, mon papa a commencé à monter une petite société de chauffage où ils étaient 8 à 9 employés. Mais à l’époque, je n’étais pas du tout du secteur puisque j’étais dans les assurances. Puis il a décidé de revendre SPRL Champagne et j’ai tenté l’expérience. Quand je suis arrivé, on est passé de 9 à 25 employés et ouvriers. Aujourd’hui, depuis la crise et mon poste d’échevin, nous sommes 16."

Et vous allez continuer de gérer l’entreprise?

"Oui. Mais je n’aime pas dire que je serai à mi-temps bourgmestre et à mi-temps chef d’entreprise. Je veux faire en sorte que ce soit compatible. Je vais céder un peu de terrain à d’autres dans l’entreprise, notamment à ma femme pour être davantage disponible à la commune. Mais vous savez, j’en connais plein de bourgmestres qui ont une activité à côté, dans des communes bien plus importantes que la nôtre."

Une priorité? Money, money, money

Pour ceux qui auraient loupé l’épisode des finances communes qui tournèrent au fiasco, petite piqûre de rappel. En 2011, la commune compte un boni cumulé d’un million d’euros. Cinq ans plus tard, Chastre se retrouve avec un million d’euros en moins. Le trou à combler est important puisqu’on parle de presque deux millions d’euros pour un budget annuel de 8 millions. L’idée : emprunter une somme d’un million et demi d’euros au Centre régional d’aide aux communes (Crac). Et trouver le reste en augmentant, entre autres, les taxes. Selon lui, les budgets à l’époque ont été mal ficelés, entraînant la commune dans le rouge. "Les finances n’ont jamais été une priorité à Chastre, notamment lors de la dernière législature avec les conséquences que l’on connaît ces derniers temps et surtout le déficit que l’on a connu, insiste-t-il, à la suite du prêt effectué au Crac pour éviter la banqueroute. Or, en tant que mandataire publique, on se doit de gérer les finances publiques de manière convenable. C’est la base. Les autres matières comme le vivre ensemble ou les seniors, pour ne citer qu’elles, ce sont des plus dans lesquels il faudra aussi être dynamique." Le prêt auprès du Crac sera terminé dans 10 ans. Mais Chastre pourra-t-elle encore investir ? "Oui, car il faut distinguer la partie ordinaire dans laquelle on retrouve les dépenses de fonctionnement d’une commune et la partie extraordinaire qui regroupe les investissements. Et donc cela n’empêchera pas la commune d’investir puisqu’elle pourra toujours aller à l’emprunt banquier pour les travaux de voiries ou de bâtiments, par exemple", conclut-il.