Banalisation, apparition de cannabis "légal", les policiers avouent galérer.

Au conseil de police de la zone Nivelles-Genappe, mardi, Louison Renault (PS) a interpellé le chef de zone sur la problématique de la consommation de cannabis : une opération a été menée récemment à la gare de Nivelles mais les statistiques montrent que la consommation s’intensifie. Le conseiller s’est demandé s’il ne fallait pas jouer davantage sur la prévention, en collaboration avec les secteurs médical et associatif.

Laurie Semaille (MR), elle, a rappelé qu’on vendait maintenant dans deux magasins à Nivelles du cannabis "légal" qui, avec une moindre teneur en THC, n’est pas considéré comme un stupéfiant. Alors qu’il en a l’aspect et l’odeur, ce qui rend les contrôles malaisés…

" Pour la prévention, nous ne sommes pas l’organe privilégié, a commenté le commissaire divisionnaire Pascal Neyman. Mais je suis heureux que l’autorité politique, sur le plan local, se soucie de cette problématique. Parce qu’à d’autres niveaux de pouvoir, mais c’est un avis personnel, on a l’impression que c’est quelque chose qu’il faut désormais accepter. Alors que l’expérience montre que c’est une porte d’entrée vers d’autres stupéfiants, et que cela crée vraiment des nuisances… "

À Nivelles, en 2019, la réponse est une présence sur le terrain avec, par exemple, 52P.-V. dressés en 2019 à des automobilistes qui roulaient sous l’influence de stupéfiants. La saisie de petites quantités sur des personnes en rue est plus problématique parce que dans les faits, il existe une tolérance et les poursuites ne sont donc pas systématiques.

Pour les sachets achetés dans les cannabis shop, la police considère que dès que le paquet est ouvert, c’est du cannabis "illégal" et saisit la matière. À charge de la personne, si elle veut prouver le contraire, de financer une analyse en laboratoire. Souvent, on en reste là…

"On contrôle, on saisit, ne pensez pas qu’on ne fait rien, a conclu le chef de zone. Mais c’est compliqué. Un policier qui s’occupe de cela m’a récemment fait part de sa désillusion…"