L’affaire de la "kicker party" de Waterloo, une intervention policière dans le cadre des mesures Covid qui avait mal tourné en décembre dans une villa située à la limite de Waterloo et d’Ohain, est revenue ce mardi matin devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon. Il s’agissait d’une date-relais et le but était de fixer un calendrier pour la suite de la procédure. Mais le tribunal a décidé de remettre le dossier "sine die", c’est-à-dire sans préciser de date.

Les enfants avaient invité quatre ou cinq amis pour une kicker party. La rencontre entre les policiers et la famille a vite dégénéré. La maman a fini plaquée au sol avec le nez cassé, une policière a eu une dent cassée. Vingt-cinq policiers sont intervenus, issus des zones de la Mazerine (Lasne), de Waterloo et de Braine-l’Alleud.

Si le père de famille, sa femme et leur fille majeure sont poursuivis en correctionnelle pour des préventions de rébellion, coups à agents et infractions aux règles sanitaires, l’avocat de la mère avait annoncé il y a quinze jours qu’il citerait directement certains policiers qui se sont constitués partie civile. C’est fait : les citations directes ont été jointes au dossier, elles ont été lancées à l’encontre de sept policiers.

Il est vrai qu’à la dernière audience, la présidente du tribunal s’était étonnée que les avocats de la défense, alors que les prévenus contestent depuis le premier jour l’intervention policière, n’aient déposé aucune plainte ni entrepris aucune action appuyant ces contestations…

L’avocat de la mère de famille, Me Abdelhadi Amrani, a annoncé ce mardi qu’une plainte avait été déposée contre X, lundi, dans les mains de la juge d’instruction Marielle Puffet. C’est une plainte pour faux. Selon nos informations, elle concerne deux procès-verbaux initiaux qui, selon la plaignante, seraient contradictoires, en ce qui concerne la scène du gazage du papa. Cette plainte pourrait s’étendre à d’autres documents. L’avocat bruxellois estime aussi que leur contenu ne correspond pas en tout point à ce qu’on peut voir ou entendre dans les vidéos tournées sur place lors de l’intervention policière.

"Avec cette plainte, on essaie maladroitement de remettre l’intégrité de nos agents en question. J’inviterai mes clients à déposer plainte pour diffamation et calomnie", réagit l’avocat Julien Uyttendaele, qui défend les zones de la Mazerine et de Braine-l'Alleud ainsi que trois policiers brainois. "Ce dossier est pourtant clair. En intervenant, les policiers ont directement subi de l’agressivité et des provocations. L’ambiance était terrible."

D’après le ministère public, l’instruction de la plainte pourrait aller assez vite, puisque les P.-V. mis en cause et les vidéos figurent déjà dans le dossier. Le tribunal est cependant dans l’impossibilité de déterminer combien de temps il faudra à la juge d’instruction pour boucler ce volet de l’affaire.

Par ailleurs, sur les 25 policiers présents ce soir-là, 18, se sentant lésés, se sont constitués parties civiles. Il s’agit d’une question de droit à l’image (leur intervention avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux) et d’incitation à la haine (toujours via les réseaux sociaux). "Les visages des policiers ont été diffusés vers des milliers de personnes. On les a fait passer pour des brutes. Pour ceux-ci, les conséquences psychologiques ont été terribles, aussi bien au travail que dans leur vie privée", commente Julien Uyttendaele.virus