Il y a déjà de longs mois que ce n’est vraiment plus la fête dans notre plat pays. En Brabant wallon et en province de Luxembourg, elle est clairement terminée, du moins pour les deux prochaines semaines. Un couvre-feu, ou plutôt un confinement nocturne, a été décrété entre 1h et 6h du matin, dès le 13 octobre pour le Brabant wallon, après une concertation du gouverneur Gilles Mathieu avec ses bourgmestres et le Collège provincial.

Certaines mesures sont fortes mais proportionnées et nécessaires pour limiter la propagation du virus, indique le gouverneur du Brabant wallon Gilles Mahieu. En interdisant les déplacements une partie de la nuit, on met une barrière en plus à la circulation du virus." Cette mesure sera d’application pour une période de 15 jours, avec des dérogations délivrées pour les travailleurs.

Durant quinze jours, les buvettes des clubs de sport en Brabant wallon ne pourront plus servir de boissons alcoolisées, et seront fermées trente minutes après la dernière activité sportive.

Par ailleurs, toute activité impliquant le porte-à-porte pour des enfants (par exemple les animations d'Halloween) est interdite en Brabant wallon.

La province de Luxembourg va suivre le 14 octobre.

L’interdiction de circuler en rue ou sur les routes entre une heure et 6h du matin sera toutefois assortie de certaines exceptions comme les urgences médicales, les cas de force majeure, pour assister des personnes vulnérables, pour se rendre ou rentrer de son lieu de travail ou dans le cadre d’un voyage à l’étranger.

Les provinces de Hainaut, Namur et Liège ont en revanche décidé de ne pas embrayer pour l’instant. La province de Liège attend que des mesures soient édictées dictées par le fédéral et n’envisage de prendre l’initiative.

“Le Fédéral a déjà pris une série de mesures, nous en avons pris d’autres supplémentaires, comme la fermeture des buvettes sportives, l’interdiction du porte-à-porte ou encore de la consommation d’alcool dans l’espace public. Nous préférons attendre de mesurer l’efficacité des mesures là, de les digérer, avant d’en prendre d’autres”, nous indique le porte-parole du gouverneur de la province de Liège.

De leur côté, le Hainaut et Namur étudient encore la possibilité de le faire. “Nous avons discuté avec les membres du centre de crise interfédéral. Tant ce centre que la Celeval n’ont pas préconisé de décision unanime quant au couvre-feu. Les provinces de Namur, de Liège et de Hainaut ne s’inscriront pas dans cette même logique que le Brabant wallon et le Luxembourg”, nous indique Denis Mathen, gouverneur de la province de Namur. “Il y a des éléments spécifiques en Brabant wallon et en province de Luxembourg. De mon côté, j’aurais une vidéo conférence avec mes bourgmestres ce mercredi et dès ce mardi avec ceux de Namur et Gembloux, villes universitaires. Nous discuterons afin de savoir s’ils estiment que le confinement est adapté à leurs spécificités ou non. Si tous y sont favorables, on pourra nous aussi mettre en place un confinement nocturne.”

Le sujet a été mis sur la table ce lundi lors d’une réunion entre les gouverneurs et le centre interfédéral de crise.

“Dans notre province, il n’y aura pas de mesures supplémentaires, mais bien un renforcement des contrôles de police pour faire respecter ce qui est en vigueur”, reprend le gouverneur de la province de Namur. Ces différences de traitement peuvent interpeller. Les gouverneurs estiment au contraire que disposer de provinces permet d’appliquer des mesures plus ciblées. Les réalités diffèrent en effet d’un territoire à l’autre.

La demande de nouvelles mesures généralisées sur l’ensemble du territoire était très forte en Brabant wallon. La province, de par sa proximité avec Bruxelles, davantage avancée dans le processus, s’était déjà concertée avec Bruxelles et le Brabant flamand. Pour des raisons de lisibilité et pour éviter un effet domino, avec des personnes qui se rendent d’une zone à l’autre pour profiter de mesures plus souples, la volonté a penché pour une mesure uniforme sur tout le territoire de la province. Celle de Luxembourg se situait d’emblée, elle aussi, sur une ligne ferme. Cette province se caractérisant par un habitat dispersé et ne bénéficiant pas de centre universitaire, prendre des mesures ciblées peut s’y révéler plus compliqué

Les provinces de Liège, Namur et de Hainaut restent plus mitigées tout en ne rejetant pas a priori un arsenal de mesures plus ciblées (interdiction des fêtes étudiantes en kot etc) à destination des pôles universitaires de Namur, Liège, Mons ou encore Louvain-la-Neuve.

Ces décisions interviennent alors que la flambée du virus connaît une accelération. Des contrôles seront prévus, avec des P.V. en cas de non respect (voir encadré). L’annonce du confinement nocturne était déjà attendue vendredi par plusieurs acteurs, dont le gouvernement wallon après la réunion de jeudi dernier.

L’exécutif wallon ne disposant pas du pouvoir de police administrative, la décision se trouve entre les mains des gouverneurs qui doivent trancher en concertation avec la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden. “Pour la ministre, il est important que les mesures soient toujours proportionnelles avec la situation épidémiologique et prises en concertation”, nous indiquait son porte-parole lundi matin.