Le 18 décembre dernier, Christophe G s’est arrêté pour prendre quelques verres dans un café de La Hulpe. Il a bu en compagnie d’un habitant de Genval puis ce dernier est rentré chez lui à pied. Christophe, lui, est encore resté dans l’établissement une vingtaine de minutes, et il a réalisé qu’il n’avait plus de portefeuille.

« Je me rappelle que j’étais dégoûté de ne plus avoir d’argent pour moi et pour ma fille », se souvient-il. Mais sur le reste de la soirée, il a expliqué à la police et devant le tribunal correctionnel qu’il avait « un gros trou noir ». Il pense qu’il s’était disputé avec son compagnon de virée dans le café mais pas plus le patron de l’établissement que les autres clients n’ont fait état d’une animosité entre les deux hommes.

En tout cas, après avoir constaté la disparition de son portefeuille, il est établi que Christophe est rentré chez lui, et qu’il y a pris un couteau de cuisine dont la lame mesure une vingtaine de centimètres. Il est ensuite reparti, et est allé à la rencontre de l’autre protagoniste.

Une dame a vu la scène depuis sa fenêtre: Christophe s’est précipité sur la victime, en criant à plusieurs reprises qu’il allait la tuer. Et alors que l’autre tentait de lui échapper, il lui a porté un coup de couteau à la base du cou. La dame a crié pour qu’il ne continue pas à frapper, et le blessé a pu prendre la fuite. Il s’en est tiré mais vu la zone vitale touchée par la lame, il aurait pu perdre la vie.

Christophe, une fois son geste commis, a téléphoné en pleurs à une ex-compagne en lui disant qu’il venait de « planter » quelqu’un. Il est rentré ensuite chez lui, où les policiers l’ont arrêté sans incident. Le Rixensartois était fortement alcoolisé, et il avait également pris de la méthadone. Une analyse de sang a montré qu’il avait également consommé de la cocaïne et d’après l’expert, les quantités qui ont servi de base à ce cocktail détonnant pourraient entrainer la mort pour des personnes qui n’ont pas l’habitude ces consommations.

Le tribunal a rendu son jugement ce jeudi et il estime que l’intention de tuer ne fait aucun doute, tout comme la préméditation puisque l’agresseur est rentré chez lui pour prendre une arme avant de retrouver celui qu’il soupçonnait de vol. Vu l’extrême gravité des faits, une peine de cinq ans d’emprisonnement est infligée. Un sursis probatoire est cependant accordé pour ce qui excède deux ans, à condition que le prévenu ne consomme plus ni alcool, ni stupéfiants, et suive une thérapie.

V. F.