Brabant wallon Quatre ans de prison avec sursis pour un père qui faisait régner la terreur.

Marié de manière traditionnelle avec une femme de 28 ans plus jeune que lui, Lahcen a importé de son Maroc natal une conception très patriarcale de la famille. Chez lui à Court-Saint-Étienne, il ne s’agissait pas d’aller à l’encontre de sa volonté.

Ce jaloux maladif interdisait à sa femme de sortir de la maison, sauf pour aller conduire les enfants à l’école. Et elle devrait rentrer immédiatement. Le sexagénaire se montrait violent envers son épouse, qui a raconté avoir été frappée avec un manche de brosse et avec une ceinture.

Les enfants aussi goûtaient de la ceinture lorsque l’homme était contrarié. En particulier le petit dernier, qu’il soupçonnait de n’être pas son fils. Il était pourtant bien son père, comme l’ont prouvé des tests ADN qu’il a fait réaliser pour en avoir le cœur net.

Mais cela ne l’empêchait pas de considérer le garçonnet comme un diable, et de le frapper comme un adulte lorsqu’il faisait une bêtise. Il était pris par le cou, et balancé contre les murs.

La fille aînée devait également filer droit. Alors qu’elle avait neuf ou dix ans, elle était rentrée de l’école avec un mot de l’institutrice dans son journal de classe. Il s’agissait d’une remarque pour avoir trop bavardé durant un cours.

Lahcen a fixé la sanction : il lui a attaché les chevilles et les poignets, et lui a infligé des décharges électriques avec un câble dénudé ! La mère de famille, entendant les cris, a fait cesser cette horreur. Mais au prix de quelques coups pour elle aussi, son mari estimant que c’était comme cela qu’on faisait écouter les enfants.

Les voisins, les connaissances et le personnel des écoles fréquentées par les enfants ont témoigné sur le climat de terreur que faisait régner l’homme au sein de sa famille.

Mais devant le tribunal correctionnel, Lahcen affirmait qu’il n’était pas violent et qu’il s’agissait d’un complot ourdi contre lui par son épouse. Le tribunal estime que ces explications sont dénuées de fondement. L’homme écope de quatre ans de prison avec sursis.