S’il ne peut s’empêcher de continuer à cuisiner pendant ce confinement, sur les armoires du salon, ce sont surtout des dizaines de bouteilles avec des étiquettes maison qui traînent un peu partout. "Des tests, certains étaient intéressants, d’autres beaucoup moins", rigole Pol-Henri Dieu.

C’est que ce jeune sous-chef du restaurant La Villa L orraine d’Yves Mattagne s’est lancé dans un nouveau défi pendant cette crise : fabriquer son propre gin. Un gin qu’il a concocté comme ses bons petits plats : avec authenticité, précision, équilibre et une bonne petite dose de fun. Jusque dans le nom avec : "Le gin à Popol", son surnom dans le monde de la cuisine.

" J’adore les défis, les projets et je déteste rester à ne rien faire. Faire un gin, finalement c’est le premier projet qui était vraiment réalisable et jouable, je m’y suis donc lancé à fond pendant ce confinement, explique le jeune chef. Ce que j’ai fait, en développant petit à petit ma recette de base - un gin macéré à base de fruits et d’herbacés - tout en lui donnant des spécificités uniques. "

L’une de celles qui saute le plus aux yeux : le "gin à Popol" est coloré - contrairement à la grande majorité des gins trouvables dans le commerce. " La plupart des gins sont vendus après une deuxième distillation, ici l’un des gros challenges ça aura été de conserver la couleur qu’on voulait, tout en mettant sur pied un gin explosif en bouche et qui va titiller les palais, ce qui me tenait particulièrement à cœur ", continue Pol-Henri Dieu

" Une mission qu’on aura réussi à relever grâce à l’aide précieuse d’un distillateur liégeois, Michel Bouillon (Mic’s Products à Verlaine), précise Eleonor Juspin, amie et associée dans ce projet. Et désormais on va pouvoir proposer deux gammes d’ici à la fin du mois de mai : une groseilles/basilic plus douce pour le palais et une thym/gingembre plus piquante. "

Petit plus, la grande majorité des ingrédients sont locaux - dont certains viennent d’ailleurs de Chaumont-Gistoux. Et outre un distillateur liégeois, c’est une artiste namuroise (Isabelle Bourlon alias Folisabelle) qui a dessiné les étiquettes.

En tout, 800 bouteilles du "gin à Popol" seront commercialisées d’ici peu. Avant que d’autres gammes de ce nouveau gin ne soient élaborées avec le temps. " L’idée, c’est d’avoir des gammes très colorées qui varieraient avec les saisons, concluent les deux jeunes Chaumontois. Toujours sur base d’ingrédients finalement assez connus, mais dont l’assemblage sera par contre beaucoup plus surprenant."