Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a examiné lundi un dossier portant sur plusieurs faits d’extorsion commis au sein de la prison de Nivelles. La victime n’est pas inconnue. Il s’agit de Walter V., un ancien habitant de Braine-le-Château décrit comme très naïf, voire simple d’esprit, qui a été condamné à quinze ans de prison en 2015 par la cour d’assises pour avoir tué son père.

Détenu en terre aclote, il n’a pas pensé que faire part à d’autres prisonniers qu’il venait de toucher un héritage lui amènerait des ennuis. Mais une fois cette annonce faite, le prix auquel il achetait du cannabis a soudainement monté en flèche, et il a fait l’objet de pressions multiples pour donner de l’argent à des codétenus.

Il a remis de petites sommes (100 ou 200 euros tout de même) en cash mais aussi versé des montants plus importants, dépassant parfois 1.000 euros depuis son compte vers le compte bancaire des compagnes ou des proches de certains prisonniers. C’est que le don ou le prêt d’argent entre détenus est interdit et il ne fallait donc pas que ce soit trop visible.

Parmi ceux qui ont reçu de l’argent figure une figure bien connue du banditisme : Orlando Leblond, déjà condamné à 16 ans de prison pour des braquages à Liège, et à vingt ans de réclusion infligés par la cour d’assises du Hainaut. L’homme avoue que la victime a versé au total 800 euros sur le compte bancaire de sa compagne de l’époque. Mais à le suivre, il s’agissait d’une sorte de cadeau, fait par amitié…

C’est d’ailleurs la thèse défendue par la plupart des prévenus : ils “protégeaient” Walter V., trop vulnérable au sein de la prison, et celui-ci leur en était donc reconnaissant. Pas de quoi convaincre le ministère public qui a requis lundi des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement ferme, notamment à charge d’Orlando Leblond. L’avocate de ce dernier, elle, a plaidé l’acquittement.

Jugement le 9 novembre.