La Province du Brabant wallon a donc renoncé à son projet de déménagement de l’IPES de Wavre sur le terrain de 2,6 hectares qu’elle avait acheté en 2018 à l’arrière de l’Athénée Maurice Carême. L’opération, qui devait permettre à l’école provinciale de se rapprocher de l’athénée, tant sur le plan géographique que pédagogique, n’a pas pu se concrétiser, faute d’accord avec Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE), le pouvoir organisateur de l’athénée. Confrontée à la difficulté de rapprocher les deux réseaux d’enseignement, la Province a finalement opté pour la rénovation en profondeur du bâtiment du Quai aux Huîtres. La destination du terrain n’est pas encore déterminée à ce stade.

Fin connaisseur du dossier et ministre du Budget au moment de la signature de l’acte de vente du terrain, André Flahaut se dit très déçu de ce déménagement avorté. “Avec le directeur de l’administration de l’enseignement provincial de l’époque, on avait réuni autour de la table tous les gestionnaires du dossier et nous avions un accord, rappelle le député fédéral. On n’y voyait que des avantages, on allait pouvoir proposer une offre concertée et globale sur un seul et même site, qu’on avait baptisé “campus Maurice Carême”. Cela aurait permis de mutualiser les coûts en partageant la cantine et la salle de sports, notamment. Le Brabant wallon aurait pu servir d’exemple mais là, on est à fond de cale. Je regrette le manque de volontarisme de la Fédération Wallonie-Bruxelles. On est face à un conservatisme dépassé, mal placé, qui a mis à mal un projet abouti. On a raté une occasion en or. L’athénée va rester seul dans son coin, et l’on va investir des millions dans la rénovation du bâtiment du Quai aux Huîtres. C’est pourtant l’avenir de l’enseignement officiel, qui passera tôt ou tard par un regroupement intelligent des écoles communales, provinciales et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.”

Pour rappel, le coût total de la rénovation du bâtiment historique de l’IPES est estimé à 11 millions d’euros. Une demande de subvention a été déposée à la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans le cadre du plan de relance et de résilience européen. Le collège provincial espère décrocher un subside à hauteur de 60 %, soit une enveloppe de 6 millions. Mais subsides ou pas, la rénovation aura lieu car vu l’urgence, elle n’est pas conditionnée à l’obtention des subventions. Les premiers coups de pelle sont espérés pour fin 2024 afin d’inaugurer le bâtiment rafraîchi à la rentrée 2026.