Plus de 23 ans après la faillite, les travailleurs encore en vie attendent toujours une partie des indemnités qui leur étaient dues.

Quelques dizaines d'anciens travailleurs des Forges de Clabecq, emmenés notamment par l'ancien leader syndical Roberto D'Orazio, ont manifesté jeudi devant l'hôtel de ville de Tubize. Une manière de rappeler que malgré la faillite de l'entreprise sidérurgique déclarée il y a 23 ans, les travailleurs encore en vie attendent toujours une partie des indemnités qui leur étaient dues. 


Ces montants font l'objet d'une longue procédure judiciaire opposant les curateurs et l'Etat belge, et qui devrait trouver un terme le 20 mars prochain, quand la cour d'appel de Bruxelles rendra un arrêt dans ce dossier. Les anciens travailleurs des Forges se sont constitués il y a plusieurs années en un groupe, surnommé le G6, pour défendre les intérêts de quelque 1.800 anciens de l'entreprise qui attendent toujours le solde de leurs indemnités de licenciement après la faillite déclarée le 3 janvier 1997. Ni ce groupe, ni aucun travailleur au niveau individuel, n'est partie à la procédure en cours puisque celle-ci oppose seulement l'Etat belge aux curateurs de la faillite des Forges. La manifestation de jeudi matin était une initiative de quelques travailleurs: le G6, qui avait été sollicité, n'a pas souhaité y participer puisque les plaidoiries ont eu lieu en novembre dernier à Bruxelles, et que l'arrêt est attendu le 20 mars.

Alors qu'environ 18 millions d'euros restent bloqués sur des comptes bancaires, l'Etat belge voudrait les récupérer, se prévalant d'une créance de plus de 30 millions d'euros dans le cadre de la récupération d'emprunts octroyés à l'entreprise avant la faillite, et que l'Europe a considéré comme constituant des aides illégales. Les curateurs, eux, contestent cette créance de l'Etat et voudraient affecter l'argent au paiement des indemnités restantes pour les travailleurs. Le dossier a déjà fait l'objet d'une procédure en appel en 2012, la cour de cassation s'est prononcée en 2014 et le tribunal de l'entreprise du Brabant wallon (tribunal de commerce à l'époque) avait débouté les curateurs en février 2018. Ceux-ci ont fait appel et après deux audiences de plaidoirie, la cour d'appel de Bruxelles prononcera un arrêt le 20 mars en matinée.