Les parents estiment leur détresse non prise en considération par la CIRI

ENSEIGNEMENT Ce que les parents reprochent au décret, outre le fait que leurs enfants soient aujourd’hui sans école, c’est aussi que les cas particuliers aient été gérés sans “une once d’humanisme, avec l’aveuglement de personnes retranchées derrière un règlement dont l’interprétation arbitraire laisse pantois.”

Et de mettre en avant, comme argumentaire, les “nombreuses” erreurs de localisation géographique, alors qu’il s’agissait du “cheval de bataille” du décret. “Quid de la liste des élèves prioritaires ISEF (Indice socio-économique faible) devenue inaccessible aux parents comme aux directions d’écoles la veille des inscriptions et subitement amputée de certaines écoles alors que le décret stipulait un élargissement de la liste préexistante ? Quid du premier choix refusé à certains enfants candidats à l’immersion linguistique, alors que des places restent vacantes au sein de classes spécifiquement organisées dans ce but ? Quid des critères objectifs d’octroi de privilèges par la CIRI aux enfants dits à problèmes ? Quels problèmes ?”

Aucun psychologue – pourtant très utile dans certains cas – n’a été invité autour de la table. “Un élève aux réelles capacités doit, lui aussi, pouvoir accéder à un enseignement performant et nécessite, lui aussi, une attention particulière adaptée à son potentiel. Les conséquences d’un manque d’intérêt et d’émulation pour ce genre d’enfant peuvent être dramatiques et destructrices : les psychologues sont unanimes à ce sujet.”

Les parents s’interrogent dès lors : est-ce une tare actuellement en Communauté française de bien réussir ou de beaucoup travailler ? Ils ont beau contacter la CIRI et madame la Ministre, ils disent se retrouver face à un mur opaque.

Sans réel interlocuteur pour faire part de la détresse de leurs enfants.

“Ces enfants sont devant un mur ! Pas de récompense, pas d’avenir. Et quel paradoxe de constater que les enfants encore sans école sont le plus souvent des enfants demandeurs d’apprentissages ! Beau message de société ! Comment la collectivité va-t-elle désormais motiver les enfants et les citoyens si le travail et les capacités importent peu… ? Ce message dénué de bon sens, fondamentalement injuste et révoltant, ne pourra déboucher que sur une société d’assistés peu enclins à changer.”



© La Dernière Heure 2010