Brabant wallon Trois mois de prison et 8 000 euros d’amende pour deux gélules cédées à un prisonnier.


Le 15 avril 2018, à la prison d’Ittre, le personnel a vu le manège de Laurent, qui a discrètement confié une enveloppe à un codétenu. L’enveloppe a été ouverte : elle contenait deux gélules d’un médicament qui est prescrit au suspect, pour lutter contre son assuétude aux stupéfiants.

L’Agence fédérale des médicaments a analysé le contenu : il s’agissait bien de ce médicament, dont elle est a détaillé la composition dans un rapport remis au parquet. Le détenu faisait-il commerce de ces pilules au sein de l’établissement pénitentiaire ? L’intéressé a affirmé que ce n’était pas le cas. Simplement, on lui en prescrit et parfois, il ne les prend pas. Alors il en donne à d’autres détenus, pour leur rendre service.

Des explications qui n’ont manifestement pas suffi aux enquêteurs, et Laurent a été cité devant le tribunal correctionnel. Pour le ministère public, le produit ne peut pas être donné sans encadrement médical et tolérer de telles pratiques en prison est dangereux. Le prévenu, en triple récidive et n’ayant plus droit à aucune mesure de faveur, n’est pas médecin… "Je suis désolé de devoir comparaître devant le tribunal avec un tel dossier, avait plaidé l’avocat de la défense en espérant l’acquittement. Mon client est consommateur de ce médicament et il en ignore la composition. Il tente d’en prendre moins et comme il a un copain détenu qui n’arrive pas à dormir, il lui donne deux pilules. C’est tout ce qui s’est passé, il n’y a rien d’autres…"

Le tribunal a tranché cette semaine : il relève que l’analyse de l’Agence fédérale du médicament a bien indiqué qu’une substance contenue dans le médicament est prescrite contre la dépendance aux opiacés. Et le prévenu, puisqu’on ne peut pas obtenir ces médicaments librement, n’avait pas le droit d’en délivrer lui-même. La prévention est dès lors établie.

Laurent, vu ses antécédents, écope de trois mois de prison ferme ainsi que d’une amende de 8 000 euros.