L’image marque, à l’heure où les clients peuvent à nouveau circuler dans le centre de Nivelles pour faire leurs courses dans les commerces dit "non essentiels". En passant dans la rue de Sainte ou la rue de Namur pour rejoindre la Grand-Place, ils ont dû passer sous de faux pendus qui se retrouvent au bout d’une corde le long de la façade de l’Intramuros et du Rétro Bar.

D’autres établissements s’apprêtent à faire de même, en signe de dépit voire même de détresse. "L’état d’esprit ? On est au bord du gouffre", résume Virginie, dont le mari David tient le Rétro Bar alors qu’elle gère une société de taxi qui elle aussi est au point mort depuis le printemps dernier.

Les cafés ont pu reprendre leurs activités et pour Virginie, ils ont démontré qu’ils étaient capables de faire respecter les distances et toutes les autres contraintes sanitaires. Ils ont ouvert en juin et jusqu’à la réouverture des écoles, fait-elle observer, il n’y a pas eu de hausse significative des nouvelles contaminations.

Aujourd’hui, pour les établissements qui doivent payer des charges de plusieurs milliers d’euros, le droit passerelle, même doublé, n’est pas suffisant pour garder la tête hors de l’eau.

"Nous sommes un couple d’indépendants à l’arrêt tous les deux, sans avoir le choix, résume-t-elle. Il y a une vraie injustice, alors que pratiquement tous les autres commerçants peuvent reprendre leurs activités. La seule solution pour qu’on s’en sorte, c’est qu’on nous laisse travailler, le plus vite possible. Tout le secteur a prouvé qu’il pouvait respecter les mesures. On tient à nos clients et à notre commerce. On ne veut pas déposer le bilan: pour faire quoi après ? On n’a pas droit au chômage quand on a été indépendant durant deux ans. Mais de toute façon, on est indépendant dans l’âme. Si on fait ce métier, si on travaille avec ces horaires de fous, c’est parce qu’on aime ce qu’on fait. Le message est simple: laissez nous travailler!"