Après la visite diligentée vendredi matin sur le site des anciennes papeteries de Virginal, dans l'entité d'Ittre, l'auditeur du travail du Brabant wallon a ordonné l'arrêt du chantier de démantèlement des installations, a-t-il indiqué à l'agence Belga. Des policiers et représentants de l'auditorat brabançon wallon se sont rendus vendredi matin sur le site industriel ittrois. L'action est intervenue après la publication d'un reportage par le magazine trimestriel d'investigations Médor.

Selon Médor, des travailleurs originaires d'Europe de l'Est procèdent au démontage d'installations des anciennes papeteries, dans des conditions déplorables.

Se sont notamment déployés à Virginal des inspecteurs de la police judiciaire fédérale du Brabant wallon, ainsi que des agents de l'Office national de la sécurité sociale (ONSS), de la direction générale du Contrôle du bien-être au travail (CBE/Inspection du travail), de l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (Inasti) ou encore du Contrôle des lois sociales (CLS).

Lors du contrôle, une vingtaine de travailleurs étrangers se trouvaient dans l'usine désaffectée, dont une majorité de ressortissants ukrainiens, quelques Géorgiens et quelques Tchèques.

"La majorité d'entre eux ont affirmé être employés par la société polonaise TNT", précise l'auditeur du travail Gautier Pijcke. "Il se fait que des Ukrainiens sous contrat et détachés par une société européenne, en l'occurrence polonaise dans le cas présent, ont le droit de travailler en Belgique."

Les contrôleurs des différents services impliqués dans l'opération de vendredi matin ont observé des conditions de travail pour le moins inadaptées, dont la présence de plusieurs fosses non sécurisées.

Contrairement à certaines affirmations qui ont circulé, aucune trace d'amiante n'a été décelée dans l'usine. "Sous réserve de vérifications complémentaires", insiste l'auditeur.

"Nous n'avons trouvé aucun indice d'une analyse préalable de risques, pourtant obligatoire avant d'envoyer des ouvriers sur un tel chantier", ajoute l'auditeur brabançon. "Et s'il y avait eu une telle analyse, il est clair qu'elle n'a pas été suivie de prise de mesures adéquates."

Aucune interpellation n'a été opérée, mais une interdiction de chantier doit être délivrée dans le courant de la soirée de vendredi. Diverses auditions ont eu lieu et de nombreux devoirs d'enquête restent à accomplir.

"Plusieurs travailleurs auditionnés ont affirmé être rémunérés à des tarifs indécents, de l'ordre de 800 euros par mois pour des prestations allant jusqu'à 70 heures hebdomadaires", commente Gautier Pijcke.

Aucune reprise du chantier ne sera autorisée sans une complète sécurisation des lieux. "Celle-ci sera aussi conditionnée par l'octroi des rémunérations aux travailleurs occupés sur le site, lesquels doivent bénéficier du minimum salarial imposé en Belgique", conclut l'auditeur du travail du Brabant wallon.