Très régulièrement, des détenus des prisons d’Ittre ou de Nivelles se retrouvent sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel du Brabant wallon pour s’expliquer sur des violences commises envers leurs gardiens. Lundi matin, et c’est bien plus rare, c’est un assistant pénitentiaire qui se retrouvait sur le banc des prévenus, pour s’expliquer sur deux scènes de violence dont des détenus ont été victimes.

En septembre 2020, lors d’une altercation verbale avec un prisonnier, le gardien n’a pas supporté que l’autre insulte sa mère. Elle venait de décéder et il l’avait particulièrement mal vécu. Alors perdant son self-control, il a donné un coup de tête au détenu, et lui a aussi porté plusieurs coups de poing.

Il s’est bien gardé de mentionner cette violence dans le rapport disciplinaire qu’il a établi par la suite sur l’incident, ce qui lui valait d’être poursuivi aussi pour avoir rédigé un faux document.

“Je venais de perdre ma mère, je n’ai pas été professionnel mais je n’étais pas dans un état psychologique me permettant de réagir correctement”, a précisé le gardien, qui avait une carrière de douze ans sans la moindre tache quand il a dérapé.

Souci : le 18 janvier dernier, lors d’une autre confrontation avec un détenu pour une histoire de masque mal porté, il a à nouveau fait le coup de poing. Du côté du ministère public, on a souligné que les détenus n’étaient pas des “exutoires pour le trop-plein de tensions” dans le chef des gardiens. Deux ans de prison avec un sursis probatoire total ont été requis.

Jugement le 25 août.