À l’automne 2018, la fermeture par l’UCLouvain du cercle étudiant la MAF avait fait grand bruit. Une plainte avait été déposée à propos du comportement envers les "bleus", de membres du comité de baptême de ce cercle réunissant les étudiants en éducation physique et kinésithérapie.

Dans un mail, la doyenne de la faculté des sciences de la motricité avait évoqué des traitements dégradants et des violences physiques, et l’Université ne voulait pas laisser passer ce genre de faits : la reconnaissance du Cercle avait été retirée par les autorités académiques, tandis que du côté du parquet du Brabant wallon, on avait confirmé à l’époque l’ouverture d’une information judiciaire à propos des faits.

Une enquête qui a abouti au renvoi devant le tribunal correctionnel de neuf prévenus. Ceux-ci étaient cités lundi mais il s’agissait d’une audience d’introduction, au cours de laquelle les parties se sont entendues sur un calendrier pour la suite de la procédure. Parties civiles et avocats de la défense échangeront leurs conclusions en septembre et octobre prochain, afin d’être prêts pour deux audiences fixées les 15 novembre et 6 décembre 2021.

La première donnera lieu à l’interrogatoire des prévenus par la présidente et on y entendra les parties civiles ainsi que les réquisitions du ministère public. Puis le 6 décembre, ce sont les avocats des prévenus qui plaideront pour défendre les intérêts de leurs clients.

Si à ce stade, tout le monde reste présumé innocent, on en sait un peu plus en tout cas sur ce qui est reproché aux prévenus. La citation évoque effectivement des "traitements dégradants" (plus de 25 au total) datant de 2017 et 2018, des traitements inhumains (2 en 2017), un viol ainsi que des coups et blessures.

Les préventions de viol et de traitements inhumains se rapportent à un épisode au cours duquel une victime a expliqué qu’en 2017, une fricadelle recouverte de moutarde avait été enfoncée dans son anus.

En ce qui concerne les traitements qualifiés de "dégradants", plusieurs faits sont visés comme le fait d’avoir obligé un bleu à se mettre à genoux avec un cône de circulation dans la bouche pour que les comitards vomissent à l’intérieur, avoir uriné sur les "bleus", avoir fait avaler à une jeune fille des aliments préalablement mâchés par d’autres, avoir placé des asticots dans les sous-vêtements de deux jeunes filles, avoir obligé une autre victime à gargariser du vomi avant de l’avaler, avoir ordonné à des bleus de vomir dans leurs chaussures puis de réintégrer ce vomi…

Quant aux coups et blessures, on parle principalement de gifles, avec du fumier ou de la mayonnaise.