De plus en plus d’escroqueries au Digipass sont commises depuis l’an dernier. Des gens sont contactés par téléphone par des inconnus qui, opérant souvent de l’étranger, expliquent à la victime qu’elle a droit à un remboursement, pour un motif quelconque. Mais pour toucher cet argent, il faut prendre son Digipass, introduire sa carte bancaire et reproduire les manœuvres dictées par l’interlocuteur au bout du fil.

Ce dernier, en réalité, utilise le code pour vider le compte : si le but était de verser de l’argent, il n’en aurait pas besoin. Mais comme plus c’est gros, plus ça passe, les victimes sont nombreuses. Encore faut-il récupérer l’argent. Pour cela, les escrocs recrutent des "mules" : souvent des jeunes, prêts à prêter leur compte bancaire pour que l’argent des escroqueries transite dessus. Ils vont le retirer en prenant tous les risques, et gardent une petite commission quand ils rendent la somme en cash aux commanditaires.

C’est ce qu’a fait un Nivellois né en 1995, et dont le compte a également servi dans le cadre d’une escroquerie "à l’africaine", avec un numéro de compte bidouillé sur une vraie facture de 12 000 euros pour des frais funéraires.

Cité devant le tribunal correctionnel, il n’est pas venu se défendre et le ministère public a requis deux ans de prison. Le tribunal se montre moins sévère : il inflige au prévenu une peine de dix mois d’emprisonnement avec un sursis de trois ans. En revanche, le prévenu écope en plus d’une amende ferme de 1 600 euros.