7,2 millions d'euros ont été détournés entre 2002 et 2010

Les réquisitions du ministère public dans le dossier Capitalium, une vaste escroquerie dont la prévenue principale est la femme d'affaires Véronique Van Acker, ont permis mardi devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon de confirmer que 7,2 millions d'euros ont été détournés entre 2002 et 2010 au préjudice de particuliers, dont les joueurs de football professionnels Luigi Pieroni et Mbo Mpenza

Un expert qui a tenté de retracer les flux d'argent a constaté qu'un peu plus d'un million d'euros avaient disparu sans laisser la moindre trace. La semaine dernière, Véronique Van Acker a affirmé qu'elle n'avait jamais caché d'argent, et précisé qu'elle n'avait plus rien. L'expert qui s'est penché sur le fonctionnement des sociétés du groupe Capitalium à l'occasion de l'enquête a montré que l'argent confié par les clients de Véronique Van Acker n'était en réalité jamais investi par celle-ci. Apparemment, sur 7,2 millions d'euros, 185.000 euros seulement ont été placés dans des produits financiers, et 440.000 euros ont servi au remboursement de certains clients qui réclamaient des intérêts.

L'argent englouti pour faire fonctionner les sociétés du groupe Capitalium (frais, paiement des salaires, etc.) est évalué à 2,6 millions d'euros. L'expert a déterminé que Véronique Van Acker avait utilisé personnellement 840.000 euros, des retraits en cash ont été opérés pour plus de 930.000 euros et des chèques ont été émis pour 340.000 euros. Mais un montant d'un peu plus d'un million d'euros, qui est arrivé à un moment sur le compte des sociétés impliquées dans l'escroquerie, a disparu sans laisser la moindre trace.

"Cette somme a disparu sans la moindre explication: l'expert a effectué un travail minutieux, mais il ne sait pas", a confirmé la substitut à l'audience. La semaine dernière, lors de l'interrogatoire d'audience, Véronique Van Acker avait qualifié de "mythe" un sous-entendu selon lequel elle aurait caché une partie de l'argent détourné. Elle affirme être sans le sou aujourd'hui, et fait l'objet d'une procédure de médiation de dettes.

Le tribunal entendra les avocats de la défense le 13 février, lors d'une audience prévue pour une journée entière.