"C'est le moment de le dire ici, je m'en mords encore les doigts. Je n'ai pas eu le moindre signal d'alarme, ce qui est grave. J'aurais dû avoir ce signal d'alarme. C'était une période où j'étais en burn-out, ce qui devait sauter aux yeux ne m'a pas sauté aux yeux. Je me suis laissé manipuler par Mme Nieuwland", a indiqué le psychiatre devant la cour d'assises.
Le président Michel De Grève lui a demandé quand avait pris fin cette période de burn-out et le professionnel lui a répondu qu'elle durait toujours. Qu'il aurait dû se mettre en arrêt de travail mais qu'en tant qu'indépendant, c'était impossible financièrement, comme pour tous les médecins…
"J'ai fait une grosse bêtise, c'est le moins que l'on puisse dire. J'ai été stupide et même plus que stupide. C'était complètement irresponsable."
Le psychiatre a assuré qu'il avait prescrit "machinalement" l'atropine demandée par sa patiente, sans lui demander ce qu'elle comptait en faire, et sans s'informer sur les effets de ce médicament. Et il a rapidement oublié avoir fait cette prescription. Ce n'est que lors de l'intervention des enquêteurs et de la juge d'instruction qu'il a réalisé.
Certes, Émilie Nieuwland lui avait confié en consultation avoir empoisonné une dame en février 2020, mais il n'a pas jugé utile de dénoncer les faits. Parce que sa patiente lui avait assuré que la victime n'avait pas eu de problème de santé et était repartie dans sa famille en France. Il ne peut pas s'expliquer, aujourd'hui encore, pourquoi il a prescrit à nouveau en juin deux flacons d'atropine à l'accusée.
Le président Michel De Grève a demandé au professionnel s'il avait eu des ennuis judiciaires ou disciplinaires suite à cette affaire. La réponse est négative, mais cela pourrait bien n'être que temporaire. Au moment des questions à poser au témoin, l'avocat général Stéphane Lempereur s'est levé en précisant qu'il ne poserait pas de question. Mais il a demandé à la greffière d'acter que le psychiatre avait confirmé avoir prescrit de l'atropine le 10 février 2020 sans avoir demandé la moindre précision à sa patiente sur sa demande, et avoir à nouveau fait de même le 9 juin 2020.