Le Conseil d'Etat, saisi dans le cadre d'une procédure en extrême urgence introduite par les opposants à la réalisation du parc éolien de Boneffe (Ramillies, Orp-Jauche, Eghezée), dont les travaux ont commencé le 3 août dernier, a décidé de suspendre le permis octroyé par la Région wallonne le 24 mars dernier à Eneco Wind Belgium. Il s'agit du sixième permis octroyé pour ce projet depuis 2012: tous ont été recalés à la suite de recours d'opposants. Ces derniers, dont l'ASBL Natagora, contestent l'implantation d'éoliennes à cet endroit en raison de l'impact négatif sur l'avifaune et le paysage. Le cinquième permis octroyé par la Région wallonne pour l'implantation de neuf éoliennes sur la plaine de Boneffe avait été suspendu le 11 mars dernier par le Conseil d'Etat. La Région avait alors décidé de retirer ce permis unique datant de juin 2018 et l'avait immédiatement remplacé par un nouvel arrêté, le 24 mars. Eneco Wind Belgium ayant attendu la fin de la période de nidification des oiseaux pour mettre en oeuvre ce nouveau permis, le chantier n'avait cependant commencé que le 3 août dernier.

Les opposants, qui avaient déjà introduit une nouvelle procédure en suspension et en annulation contre le sixième permis octroyé par le gouvernement wallon, ont alors saisi le Conseil d'Etat en extrême urgence pour demander des mesures provisoires, c'est-à-dire l'arrêt immédiat des travaux sous peine d'astreinte.

La plus haute juridiction administrative vient de trancher: elle suit ces opposants qui avaient pointé une illégalité dans le nouveau permis. Alors que les travaux devraient vraisemblablement durer plus d'un an, ils nécessitent l'élargissement de 5,5 km de voiries publiques. Dans ce cas de figure, ces modifications de voirie doivent faire l'objet d'un accord des conseils communaux concernés, ce qui n'a pas été le cas.

Le permis unique du 24 mars est donc suspendu. Le Conseil d'Etat, en revanche, n'ordonne pas à ce stade de mesures provisoires pour imposer le respect de sa décision par la Région wallonne et par le promoteur éolien Eneco. Il estime que rien ne permet de croire que ces deux parties à la cause n'exécuteront pas correctement l'arrêt de suspension désormais rendu.