Il y a quelques semaines, la ministre en charge du patrimoine au niveau régional, la Nivelloise Valérie De Bue (MR), a confirmé via un communiqué de presse une subvention accordée par le gouvernement wallon pour la deuxième phase de la restauration de l’église Saints-Jean-et-Nicolas, à Nivelles. Un montant de 684 000 € sera en effet consacré à la rénovation de la toiture de l’édifice, connu aussi à Nivelles sous le nom d’"église des Récollets".

En effet, celle-ci était à l’origine la chapelle de l’ancien couvent. Et on sait que depuis quelques années, tout ce qui touche au site des Récollets est assez sensible en terre aclote. Lors de l’annonce de l’octroi de cette subvention, les Amis du parc des Récollets ainsi que l’association Europa Nostra, qui luttent ensemble contre la réaffectation d’une aile du couvent en immeuble à appartements, ont réagi.

Ils ne critiquent pas l’octroi de la subvention régionale pour la toiture, qui est nécessaire, mais soulignent que s’en tenir à cela alors qu’une partie de l’ancien couvent est menacée n’a guère de sens.

Cette semaine en commission "patrimoine" du parlement wallon, le député André Antoine (CDH) a relayé cette position des opposants au projet envisagé par le promoteur Lixon : "D’accord pour rénover la toiture mais ne serait-il pas plus judicieux de sauvegarder l’ensemble, en classant l’ancien couvent et le parc ?" Non sans rappeler que la ministre a déjà indiqué qu’elle n’était pas favorable à cette option, mais en lui suggérant de changer d’approche.

Valérie De Bue a précisé dans sa réponse que la subvention accordée pour la rénovation de la toiture se justifie parce que l’église, elle, est classée depuis 1936. Cela complète d’autres travaux déjà réalisés et participe à la bonne conservation de l’édifice. À ce jour, il n’y a pas d’autres projets de restauration envisagés.

Il est vrai que l’association Europa Nostra a introduit le 21 décembre dernier une demande de classement pour l’entièreté du site de l’ancien couvent mais cette demande est en cours d’analyse par les services.

"La demande est donc à l’étude, c’est mieux que l’opposition de naguère : je note une évolution", a positivé André Antoine en réplique, promettant qu’il reviendrait sur le sujet.