Le bivouac de mai 1940 a permis, ce week-end, de se souvenir et concrétiser la bataille de Gembloux

WALHAIN “Notre objectif est de permettre à tous de faire un bond dans le temps. Pour les jeunes, voir un bivouac, c’est plus concret que de voir un mannequin portant un uniforme dans un musée.”

Claude Mainon est un reconstituants français, venu de Hirson, dans l’Aisne, avec une dizaine d’hommes pour incarner le 110e régiment d’infanterie qui a combattu à Gembloux en mai 1940, lors du bivouac de Perbais.

“Nous sommes une quinzaine, dont trois nouveaux jeunes, mais nous ne sommes pas là pour jouer aux petits soldats” , explique-t-il. “Il faut être sérieux et respecter l’uniforme que l’on porte, car ce que ces hommes ont vécu, ce n’est pas de la rigolade.”

En plus du bivouac, les tracteurs d’artillerie Fiat, tricar FN, véhicule semi-chenillé, motos side-car et autres vélos belges issus de collections privées ont impressionné les visiteurs.

“Je pense que c’est la première fois que de tels véhicules sont rassemblés en Belgique” , indiquait Vincent Vanoeteren, professeur d’histoire incarnant un lieutenant des Chasseurs ardennais, chargé de coordonner les reconstituants.

Des hommes rassemblés par des motivations diverses. “Mon grand-père a combattu en mai 1940” , explique Claude Mainon. “Il n’a évoqué ce qu’il a vécu qu’un an avant de décéder. Pour moi, ça été le déclic. Mais d’autres sont animés par leur passion pour l’histoire.”

De quoi rejoindre l’objectif de ce bivouac. “Il est important de se souvenir, d’entretenir la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté” , a rappelé l’échevine de la Culture et du Tourisme, Nicole Thomas-Schleich. “Même si, à côté de la Bataille des Ardennes, la Bataille de Gembloux fait figure de grande oubliée, elle a marqué l’histoire de notre région. Nous ne pouvons pas l’oublier.”



© La Dernière Heure 2010