À l’abandon depuis trois ans suite à la faillite de son ancien propriétaire, le château de Limelette va pouvoir renaître de ses cendres. Le groupe Everland vient d’obtenir le permis d’urbanisme pour rénover le bâtiment, en vue de le transformer en hôtel haut de gamme. Après de nombreuses contestations de riverains et une demande de permis mise en suspens, le collège communal d’Ottignies-Louvain-la-Neuve a finalement marqué son accord sur la deuxième version du projet, adapté à sa demande.

Dans cette nouvelle mouture, le groupe hôtelier a retiré quinze chambres, supprimé le bâtiment situé dans le fond du terrain, réduit le nombre de places de parking et ajouté des toitures vertes pour favoriser l’infiltration des eaux de pluie. Il a également ajouté une place de stationnement pour personne à mobilité réduite et un espace couvert pour les vélos. Suite à la réunion d’information de janvier 2020, le groupe avait déjà réduit de moitié la surface consacrée aux salles de séminaire.

L’hôtel comportera donc 118 chambres (contre 88 actuellement), un bar-restaurant de 125 places, deux salles polyvalentes, trois salles de séminaires, un espace bien-être avec une piscine et des jacuzzis, et un parking de 210 places. L’objectif affiché par le propriétaire est de favoriser les séjours de longue durée, avec un hôtel de standing entouré de nature et tourné vers le bien-être.

Des conditions assorties au permis

Avec cette nouvelle version, le propriétaire est donc parvenu à convaincu les membres du collège communal, qui n’ont jamais caché leur volonté d’éviter que ce bâtiment ne devienne un chancre. Mais le permis est assorti d’une série de conditions afin de tenter de limiter les nuisances pour le voisinage. L'usage des salles de séminaires ou toute autre activité susceptible de générer du bruit et des allers-venues des personnes ou des véhicules sera interdite entre 22 heures et 8 heures du matin, week-ends compris. En outre, toute sonorisation amplifiée électroniquement est interdite à l’intérieur et à l'extérieur du site. Lors de toute production de musique, les fenêtres du local où le son est diffusé doivent rester fermées en permanence. Concernant les salles événementielles, la capacité d'accueil doit être inférieure à 150 personnes.

Vers un recours des riverains ?

Reste à présent à voir si ces conditions permettront d’apaiser les riverains de la rue Charles Dubois qui craignent depuis le départ des problèmes de mobilité, les nuisances sonores générées par l’activité hôtelière et les répercussions sur la zone Nature 2000 à proximité. On nous dit qu’il y a de fortes chances que les riverains, qui se sont constitués en asbl "Les Amis du bois de Lauzelle", introduisent un recours auprès du ministre compétent. "On doit analyser la décision avec nos avocats mais d'après les premiers éléments, nos arguments relatifs aux nuisances, à l’écologie et à la mobilité n'ont pas été pris en compte, réagit un membre de l'asbl. Le promoteur s'engage à respecter une série de conditions dans un document mais ça ressemble plus à une note d'intention. D’un point de vue légal, ça n’a pas beaucoup de valeur. On déplore aussi le fait que la commune ne nous ait pas du tout consultés depuis l'enquête publique. Cela démontre d'un manque de respect du citoyen et une certaine forme de mépris."

L’avis n’est pas partagé par la bourgmestre ottintoise qui estime que les réclamations des riverains ont été entendues et relayées par le collège communal. "On est face à un exploitant qui a fait des amendements à son projet afin de pouvoir rencontrer nos demandes, que nous avons formulées suite aux réclamations formulées durant l’enquête publique, souligne Julie Chantry. On a tenu compte de ce que les gens ont transmis. J’ai moi-même lu les 219 courriers et j’ai été surprise de voir que les gens ont tendance à oublier qu'il y avait déjà un hôtel dans le château. Je rappelle également que c’est une zone qui permet ce genre d’activités."