L’arrivée de deux mineurs avec des soucis psychiatriques pose problème à l’IPPJ.

Ils l’avaient annoncé et ils l’ont fait : durant 24 heures, hier, les travailleurs de l’IPPJ de Braine-le-Château se sont croisés les bras et ont montré leur mécontentement devant l’établissement. Le mouvement était mené en front commun syndical pour dénoncer une situation devenue difficilement gérable au sein de l’institution qui comprend 42 places en régime ouvert et une section fermée de deux places.

Environ 90 % du personnel a suivi le mouvement. À l’intérieur, le travail avec les mineurs placés en IPPJ à Braine-le-Château était dès lors assuré par quelques non-grévistes, ainsi que par la direction de l’établissement.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est l’arrivée de deux mineurs qui, selon le personnel, ne devaient pas arriver à l’IPPJ puisque souffrant de problèmes psychiatriques.

" Ils ont été placés chez nous sur décision d’un juge de la jeunesse, convient sur place un délégué syndical. Mais nous ne sommes pas outillés pour gérer ce type de profils. L’un d’eux a des problèmes psychiatriques qui sont à l’origine des faits infractionnels qu’il a commis. Et l’autre a également ce type de souci, et il est sourd-muet… "

L’arrivée de jeunes gens dont le cas relève davantage de la psychiatrie que de l’aide à la jeunesse commence à être récurrente, d’après les travailleurs. Les règles actuelles semblent permettre leur placement en IPPJ mais les éducateurs ne sont pas formés pour cela et le ministre Rachid Madrane, dans la réforme qu’il envisageait pour le secteur, avait annoncé qu’il clarifierait la situation. Ce qui n’est pas le cas actuellement…

Pour les membres du personnel de l’IPPJ, cela pose un réel problème : ils doivent consacrer du temps à gérer tant bien que mal ces profils qui ne correspondent manifestement pas au projet pédagogique de l’institution, et ce temps ne peut plus être investi au profit des autres jeunes.

"Nous ne sommes pas outillés pour gérer cela, confirment les délégués syndicaux. À chaque profil doit correspondre un lieu spécifique et ici, il faut constater que ce n’est pas adapté pour une telle prise en charge."

"Nous espérons un écrit ce vendredi"

Des discussions ont été menées également jeudi après-midi à Namur avec l’administration générale. Les délégués syndicaux de Braine-le-Château s’y sont rendus en compagnie des permanents, et ont pu exposer la situation dans l’établissement.

Le but annoncé, avant la rencontre, était d’avoir des réponses concrètes sur la prise en charge des deux cas litigieux au sein de l’IPPJ, et de dégager des pistes pour éviter ce type de situations à l’avenir.

Résultat ? Du côté des délégués syndicaux, on reconnaissait hier soir avoir pu présenter les revendications principales du personnel, et avoir été entendu. "Mais en l’absence d’écrit, nous restons d’une prudence de sioux. On ne préfère pas parler de choses qui ne sont pas certaines à ce stade, confiait un délégué après la rencontre. On nous a promis un écrit pour vendredi matin : nous l’espérons et on communiquera à ce moment-là."