Il y avait déjà eu l’une ou l’autre plainte ou signalement à la police mais jusqu’ici, Yves, qui traine souvent du côté de la gare de Nivelles, avait trouvé des explications pour éviter les ennuis. Mais en août dernier, excédée par le comportement adopté par cet homme depuis plusieurs années lorsqu’elle le croise en rue ou à la gare, une jeune Nivelloise a choisi de tout dévoiler via un post Facebook.

Rapidement, une quarantaine d’autres jeunes filles ont commenté et partagé sa publication pour dire qu’elles aussi étaient victimes d’Yves. Celui-ci les suit en rue, les attrape par le bras ou les épaules, veut parler, s’énerve et insulte quand les filles ne font pas attention à lui, crie leur prénom en rue…

Il « chasse » aussi sur Facebook, s’appropriant certaines photos de filles pour les publier sur sa page, sans demander d’autorisation bien entendu. Parfois, il n’hésite pas à suivre les victimes jusque chez elle, sonne pour les relancer… En 2016, il avait embrassé de force, sur la bouche, une jeune fille de 12 ans qui se trouvait dans le passage sous voie de la gare aclote.

Ayant eu vent de la publication Facebook et des nombreuses réactions qu’elle a suscité, la police locale a pris contact avec celle qui a osé parler publiquement de ce qu’elle subissait, puis a identifié d’autres victimes. Une vingtaine de jeunes filles ont accepté de témoigner et Yves a été arrêté.

Devant le tribunal correctionnel, il y a quinze jours, il a tout nié, affirmant être victime d’une vengeance du milieu africain de Nivelles, ou encore être provoqué par les filles.

Le tribunal, dans le jugement qu’il vient de rendre, écarte ces explications fantaisistes. Le prévenu écope de 30 mois de prison avec un sursis probatoire pour la moitié. Parmi les conditions fixées figure l’obligation d’un suivi par un psychiatre, et celle de se domicilier dans une association à Bruxelles. Il est aussi interdit à Yves, qui l’avait accepté à l’audience, de revenir à Nivelles.