Au printemps dernier, une habitante d’Hélécine, âgée de près de 30 ans, a annoncé qu’elle avait rencontré un homme dont elle était amoureuse, et qu’elle voulait vivre avec lui. Normal ? Pas pour le compagnon de la mère de cette fille, qui s’est mis en rage et s’est montré violent envers elle, ainsi qu’envers un fils de sa compagne, qui voulait s’interposer.

Ce différend familial a permis de révéler des faits bien plus graves aux autorités. La fille a expliqué qu’alors qu’elle avait 11 ans, le compagnon de sa mère l’obligeait à lui toucher le sexe. À 13 ans, il lui a imposé des relations sexuelles complètes et à 14 ans, enceinte, elle a dû avorter. L’homme a continué à lui imposer ses volontés, y compris sur le plan sexuel, jusqu’à l’annonce de la rencontre d’un autre homme.

Sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel, ce beau-père abuseur devait s’expliquer sur une période infractionnelle de… 17 ans. Comme durant l’enquête, il a prétendu que la victime était consentante, demandeuse même et qu’il n’avait donc jamais rien imposé.

Et quand la présidente lui a fait remarquer que le premier viol avait été commis sur une fille de 13 ans, il n’a pas su trop quoi dire. "C’est venu comme ça, a-t-il fini par lâcher. Elle était toujours derrière moi, elle me suivait partout."

L’homme était également poursuivi pour des faits de violence et le tribunal, dans le jugement qu’il a rendu mardi, souligne le climat violent et l’emprise que cet homme né 1958 a instauré au sein de sa famille. Pour la justice, il n’y a jamais eu de consentement de la part de la victime, mais des pressions, des menaces et des manipulations de la part du prévenu pour qu’elle lui cède.

Vu l’extrême gravité des faits et les terribles conséquences pour la victime qui a dû subir ces abus durant des années et un avortement à 14 ans, une peine de dix ans d’emprisonnement ferme, suivie de dix ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines, a été infligée.