La cour d'assises du Brabant wallon a procédé lundi après-midi au tirage au sort des jurés qui, à partir de jeudi, plancheront sur le sort d'Émilie Nieuwland. Cette habitante de Jodoigne âgée de 45 ans est accusée d'avoir tué par empoisonnement, en mars 2020, un autre habitant de Jodoigne, Dimitri Henry, né en 1963. La cour d'assises a tiré au sort huit femmes et quatre hommes. Le procès proprement dit commencera jeudi 24 mars, et est prévu pour sept jours. Trois jurés suppléants (une femme et deux hommes) ont été ajoutés pour éventuellement remplacer des jurés effectifs défaillants au cours du procès. 

Le procès sera dirigé par le président Michel De Grève et l'accusée sera défendue par Mes Michel Bouchat et Romain Bastianelli. L'avocat général Stéphane Lempereur soutiendra l'accusation. Le dossier évoque un empoisonnement de Dimitri Henry à l'atropine mais l'accusée, devant les policiers et devant la juge d'instruction, a nié sa responsabilité dans les faits. Elle est détenue depuis 2020.

Le corps sans vie de Dimitri Henry avait été retrouvé dans son domicile de l'avenue des Commandants Borlée, à Jodoigne, le 10 juin 2020. Un responsable d'une agence bancaire cherchait à le contacter suite à un virement suspect de plus de 20.000 euros, qu'il avait pris l'initiative de bloquer, et qui transférait cette somme importante depuis le compte du Jodoignois vers un compte bancaire qui est apparu par la suite comme étant celui de l'accusée.

Les résultats de l'autopsie ont démontré que la victime est décédée suite à l'ingestion d'une forte dose d'atropine (plus de 20 fois la posologie habituelle), une substance qui a notamment pour effet d'accélérer le rythme cardiaque et peut provoquer le décès en cas de prise excessive. Les enquêteurs ont découvert que l'accusée avait obtenu des prescriptions de ce médicament de la part de son psychiatre, alors que cela ne faisait pas du tout partie de la médication habituelle de la victime. Pour sa défense, l'accusée a indiqué aux enquêteurs que tant pour les virements et retraits bancaires depuis le compte de Dimitri Henry que pour l'atropine, elle avait agi à la demande de celui-ci.

On saura jeudi, lors de l'interrogatoire d'audience par le président Michel De Grève, si elle maintient cette version des faits et donc ses dénégations à propos des préventions retenues à sa charge