Scènes apocalyptiques dans le centre de Grez-Doiceau ce jeudi. Placée en alerte orange, comme le reste du Brabant wallon, la commune a, à nouveau, été fortement impactée, avec plusieurs voiries qui se sont retrouvées complètement sous eau. Le Piétrebais, le Pisselet et le Train sont tour à tour sortis de leur lit et l’on craignait jeudi soir que le bassin d’orage d’Hamme Mille ne sature et ne vienne encore renforcer la crue de la Néthen.

Le centre de Grez-Doiceau a été noyé sous plus d’un mètre d’eau et a été inondé de tous les côtés par le Train, dont le courant se faisait très fort par endroits. Des torrents que tentaient de braver tant bien que mal les ouvriers communaux chargés de sacs de sable. Des images qui rappellent de mauvais souvenirs. “On a battu le triste record des inondations de 2002, confirmait sur place le bourgmestre de Grez-Doiceau, Alain Clabots. Le plus gros problème, c’est qu’il y a des coins isolés où on a des gens qui sont bloqués car ils ne savent pas sortir de chez eux.”

La rue du Waux-Hall sous un mètre d'eau. © Geerts

Plusieurs habitants de la rue du Waux-Hall se sont ainsi retrouvés avec jusqu’à 70 cm d’eau dans leur habitation. C’est le cas de Carine qui a dû surélever ses canapés et autres meubles pour tenter de limiter la casse. “L’eau est entrée par l’avant et puis, une demi-heure après, elle a commencé à arriver par l’arrière, explique-t-elle, fataliste. Je ne sais rien y faire, je peux mettre tous les sacs de sable que je veux, ça ne servira à rien. C’est du jamais vu, même en 2002, il n’y avait pas eu autant d’eau dans les rues.”

Carine dans son salon, rue du Waux-Hall. © Geerts

Dans l’agence d’assurances du centre de Grez-Doiceau, il y a jusqu’à 70 centimètres d’eau également. “C’est bien pire qu’en 2002 où on avait eu que quelques centimètres d’eau, confirme Dominique Vancaster qui a fondé son agence il y a 42 ans. Ma citerne à mazout s’est retournée dans ma cave, on a l’odeur en plus, sourit l’assureur. Je ferai le relevé des dégâts plus tard mais je sais déjà qu’il y aura des meubles abîmés, des dossiers perdus. Heureusement, tout est informatisé.”

L'agence de Dominique Vancaster, chaussée de Jodoigne. © Geerts

Les rues de Lambais, Pont-au-Lin, Violette et du Stampia se sont également retrouvées sous eau, les égouts ne parvenant plus à absorber les quantités d’eau. On craignait d’ailleurs de marcher dans des avaloirs ouverts. Les riverains ne comptent plus les dégâts. “Frigo, machine à laver, séchoir, chaudière, congélateur, canapés, meubles… Tout est foutu, soupirent Annick et Richard, habitants de la rue de Lambais depuis 2002. Il y a une heure, on était au sec, maintenant, il y a 40 cm d’eau partout au rez-de-chaussée. Tout a été très vite. En 2002, on avait dix centimètres.”

Annick et Richard, dans ce qui reste de leur salon. © Geerts

L’eau s’est également infiltrée en fin de matinée dans le home Joie et Santé, situé dans la rue de Lambais, qui a dû être évacué.

Les secours peinent à arriver jusque dans les habitations. © Geerts