D’autres clients râlent en constatant qu’il n’y a pas de salade, ou de pilons de poulet dans le magasin…

En ces temps de confinement et de télétravail voire de repos forcé, les Brabançons wallons se bousculent dans les magasins à la ferme. Une bonne nouvelle sans doute pour les producteurs locaux, sauf que le printemps marque également la reprise des travaux dans les champs, notamment pour les semis qui ne peuvent pas attendre.

Pas évident à gérer mais tous se coupent en quatre pour servir les clients. Ce week-end, à la ferme de Bérines, à Sart-Dames-Avelines, Christiane Tans a poussé un sérieux coup de gueule, et annoncé qu’elle arrêtait le système des commandes, hormis pour les paniers que réservent les habitués.

Dans cette période éprouvante, une cliente dont elle avait malencontreusement oublié la commande l’a injuriée de manière inacceptable. D’autres avaient passé des commandes mais oublié de venir les chercher, promettant ensuite de venir… alors que le magasin était fermé.

D’autres clients, qui confondent visiblement la ferme et le supermarché, râlent en constatant qu’il n’y a pas de salade, ou de pilons de poulet dans le magasin…

« On travaille de 6 h 30 à 22 h 30, on gère 70 à 80 commandes par jour par Facebook, par mail et par SMS alors qu’on est en pleine saison pour planter dans les champs: un oubli peut arriver et on s’en excuse, soupire Christiane Tans. Mais pour certains en arrivent directement aux noms d’oiseaux. Les gens sont très nerveux… »

Les habitués connaissent le fonctionnement d’une ferme mais d’autres ne comprennent pas que les salades sont plantées maintenant pour être vendues dans six semaines. Pas sûr, du reste, qu’ils viendront encore en mai pour les acheter si le confinement prend fin…

Face à ce manque d’égards, la ferme de Bérines renonce à prendre les commandes, sauf pour le système déjà en place des paniers. Les habitués ne seront pas pénalisés et le magasin reste ouvert aux horaires habituels (www.fermedeberines.be) pour tout le monde.

« C’est triste d’en arriver là, mais il y a des comportements inadmissibles », constate Christiane Tans.