L’an dernier, Germain Dalne avait évoqué le problème de troubles causés à répétition dans le centre-ville aclot, par quelques personnes bien connues des services de police et contre lesquelles, manifestement, les solutions classiques de dissuasion ne fonctionnaient guère. Il avait indiqué qu’il existait dans la loi communale une possibilité assez peu employée: l’interdiction temporaire de lieu.

Pour faire bref, il s’agit non pas pour la police mais pour le bourgmestre de prendre un arrêté, qui interdit à une personne spécifique de se trouver dans un périmètre bien délimité, durant un mois. Et cet arrêté est renouvelable deux fois. Quant aux sanctions en cas de non-respect, elles sont administratives.

Les conditions d’application sont strictes mais au mois de novembre, le bourgmestre Pierre Huart a tenté l’expérience, à l’égard d’un citoyen qui refusait systématiquement de porter le masque sur la Grand-Place, et importunait les passants sans garder la distance réglementaire d’un mètre et demi.

Mardi soir, au conseil de police, le jeune élu nivellois a demandé quel était le bilan de cette première mise en œuvre.

Le chef de zone a précisé que la police, dans le processus, n’était qu’un des acteurs: elle était chargée de faire exécuter la décision prise par le bourgmestre, et la sanction était décidée par le fonctionnaire sanctionnateur de la Ville. Il y a aussi eu beaucoup de discussions avant la mise en place de cette mesure certes légale mais qui pourrait choquer des citoyens pour son côté radical. Elle a été appliquée avec discernement: une seule personne a fait l’objet de cette interdiction temporaire de lieux, alors que plusieurs autres auraient pu être visées.

"Pour certaines personnes que nous connaissons, l’éloignement n’aurait pas été une bonne mesure, a indiqué le commissaire divisionnaire Neyman. Mais dans ce cas particulier, c’était la mesure la plus opportune. Cela a rassuré les citoyens et d’autres auteurs, non concernés par l’interdiction, se sont sentis suivis de près et ont modifié leur comportement. L’effet global a donc été positif, tant sur les personnes que sur l’environnement."