C’est une situation désagréable à laquelle des milliers de citoyens sont confrontés chaque semaine, principalement dans les communes rurales : à la recherche d’argent liquide, il est impossible de mettre la main sur un distributeur de billets. Une recherche qui pourrait encore être plus ardue à l’horizon 2024 : la société Batopin, créée en 2019 par les principales banques actives en Belgique (Belfius, BNP, ING et KBC), envisage de réduire drastiquement le nombre de "Mistercash" en Belgique. Pour passer de 6 000 aujourd’hui à 3 500 dans trois ans.

Selon Batopin, 95 % de la population belge conserverait toutefois la possibilité de retirer du cash dans un rayon de 5 km de son domicile. Tant pis pour les autres. Tant pis aussi pour les personnes à mobilité réduite (personnes âgées, poussettes, personnes handicapées…) qui n’ont pas la possibilité de parcourir ces 5 km.

Du côté d’Ittre, la commune avait été parmi les premières à ne plus avoir de distributeur de billets sur son territoire. La faute à deux fermetures successives, Dexia à Virginal et ensuite BNP à Ittre. Et si aujourd’hui, il en subsiste un à La Poste de Virginal, les autorités se sont battues pour le ravoir. « On se devait de réagir, se souvient Christian Fayt, le bourgmestre. Nos citoyens devaient faire 5, 10 ou 15 kms pour se procurer de l’argent cash. On avait alors repéré une obligation dans la loi qui obligeait la Poste à rouvrir un distributeur s’il n’y en avait plus sur notre territoire. Ça n’a pas été simple à obtenir, mais aujourd’hui nous en avons un à Virginal, qui est très fréquenté car il dessert en plus l’entité d’Hennuyères (Braine-le-Comte) située juste à côté. On est donc satisfait, d’autant qu’on avait donné l’exemple à suivre à quelques communes des provinces de Liège et Luxembourg qui étaient confrontées au même problème. »

Quant à avoir un deuxième distributeur dans le futur, le bourgmestre se montre très pessimiste. « On le voit, la tendance est toujours à la suppression. Alors en obtenir un autre alors qu’Ittre c’est finalement une multitude de hameaux sans un grand centre de 5.000 ou 10.000 habitants, ce sera très compliqué", conclut Christian Fayt.

La fracture numérique s'intensifie

À l’image de quelques communes qu’on pourrait qualifier de semi-rurales, Mont-Saint-Guibert est confrontée à un manque de distributeurs de billets. « Il y a 7-8 ans encore, on en avait trois – un dans chaque entité, se souvient Julien Breuer, le bourgmestre. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’un et sa localisation pose question. Car s’il rend surement service aux 2.500 travailleurs de l’Axis Parc, il est par contre relativement éloigné du centre, ce qui ne rend pas service à la population. Et encore moins aux PMR ou aux personnes précarisées, ce qui tend à encore accentuer la fracture numérique. Entre certaines entités de la commune et le dernier distributeur, il doit y avoir environ 10 kms… »

Le dernier plan des grandes banques belges pour « mieux « répartir les distributeurs pourrait toutefois être à double tranchant. « La norme des 5 km pour 95% de la population pourrait amener le distributeur à être relocalisé à Louvain-la-Neuve, ce qui serait encore pire. Par contre, dans ce cas-là, on pourrait alors forcer la Poste à rouvrir un distributeur comme la loi le prévoit – qui serait en outre localisé en plein centre. Néanmoins, lors des dernières discussions, la BNP (de l’Axis Parc) n’a pas l’intention de déménager", termine Julien Breuer.