Pour marquer cet anniversaire, un livre a été édité.

Samedi soir, l’ambiance sera spéciale au Dr Jack : il y a trente ans, jour pour jour, Marc Susini inaugurait la Doudingue, boîte de nuit mythique pour les fêtards du Brabant wallon mais aussi pour un public venu de Bruxelles, de Namur, du Hainaut proche.

La discothèque a accueilli des générations de jeunes en quête de rencontres et de bons moments. Elle a évidemment connu, en trois décennies, des moments de moindre fréquentation. Mais Marc Susini est parvenu à plusieurs reprises à repenser entièrement les concepts, changer de nom, imaginer de nouveaux décors - toujours entièrement réalisés en interne-, passant de la "Doud’" au B-Club, puis au Dr Jack tout en gardant le feu sacré malgré l’écoulement du temps et la succession des modes.

"L’écoulement du temps, je m’en fous : quand on ne correspond plus à ce que le public attend, c’est qu’on a fait une erreur quelque part. Et il ne faut pas hésiter à se remettre en question, explique-t-il. Je fais un chouette métier, j’aime ce que je fais et je ne peux pas me permettre de laisser le lieu dépérir, me dire qu’on a fait notre temps…"

Se remettre en question, c’est sans doute un des ingrédients du succès et de la longévité. Il y en a bien d’autres. Ceux qui s’amusent en soirée au Clos Lamartine n’imaginent sans doute pas le travail acharné des équipes en charge de l’infographie, de la sécurité, des infrastructures

"On travaille du lundi au vendredi, puis du vendredi au dimanche", se marre l’homme aux lunettes jaunes.

La déontologie, la tolérance zéro vis-à-vis des drogues, l’intransigeance en matière de sécurité font aussi partie des éléments assurant la longévité de l’établissement. Pour que tout se passe au mieux, Marc Susini garde un œil sur tout.

"Quand on fait la fête en boîte de nuit, on a un cadre, affirme-t-il. Mon métier, ce n’est pas de vendre de l’alcool - des tas de magasins le font à des prix plus avantageux ! - ni d’éduquer les gens à la musique. Moi, je suis un marchand de souvenirs pour une période de liberté qui va, disons, de 18 ans jusqu’à l’arrivée d’un couple stable. Ces souvenirs doivent être les meilleurs possible, pour que chacun pense que c’était mieux quand il était jeune !"

Un livre anniversaire… à prolonger sur le net

Des souvenirs de soirée à la Doudingue, au B-Club ou au Dr Jack, des dizaines de milliers de fêtards de Brabant wallon et d’un peu partout ailleurs en Belgique en gardent plein la tête. Pour marquer cet anniversaire, un livre a en effet été édité.

Intitulé "La Doudingue a 30 ans… en fait", il est signé Christian Middagh. On y retrouve notamment l’histoire de la famille de Marc Susini, active depuis les années’60 dans le monde de la nuit. Le lancement de la Doudingue, de la recherche d’un site adéquat jusqu’aux détails de la conception du plafond mobile ou du fameux lustre de trompettes, y est évidemment détaillé.

Tout comme le développement qui a suivi, l’ajout du Bowl Factory, du Grill Factory, la transformation de la "Doud’" en B-Club, l’arrivée du Peanut’s Republic, du Goolfy, de l’Acte 3, une nouvelle remise en question pour arriver au Dr Jack.. Le tout est agrémenté de documents, d’anecdotes de première main et surtout, de beaucoup de photos des soirées montrant ceux qui se sont éclatés sur les tubes des années 90, 2000, 2010…

Des souvenirs à prolonger grâce aux QR codes inclus dans le livre, et qui renvoient à des galeries plus complètes sur le net, ainsi que des play-lists des DJ qui officiaient à l’époque.

"C’est aussi un hommage à la famille et à tous ceux qui ont bossé, qui ont contribué à cette chouette aventure, précise Marc Susini. Certains grands fidèles et d’autres qui n’ont fait que passer. En 30 ans, on ne doit pas être loin de 2.500 personnes qui ont travaillé ici."

"Ramène ta fraise, tu verras !"

Trois décennies de sorties, de musique et de souvenirs à fêter en une seule nuit, ça vaudra sans aucun doute le détour, samedi soir. La page Facebook de l’événement donne quelques indications : cocktails premium, entrée gratuite avant minuit, DJ set de G-Froy à 23 h.

On a demandé pour vous à Marc Susini ce qu’il y aura de spécial, ça vous évitera de le mettre (faussement) en rogne…

"Rhaaaa, tout le monde me demande ça !, soupire le patron. Qu’est-ce que tu veux qu’il y ait de spécial ? Ce sera la fête, il ne faut pas aller au bureau le lendemain, on va retrouver les gens qui étaient là il y a trente ans, il y a vingt ans, il y a dix ans, il y a cinq ans… Voilà, ce qu’il y a de spécial, ce sont les gens. Je fais un métier de superflu, on vient chez moi quand tous les autres besoins fondamentaux sont remplis et qu’on veut s’amuser. Alors l’idée, c’est juste de venir faire la fête avec nous, je ne me prends pas pour Dieu le père. Ce qu’il y aura de spécial, ramène ta fraise samedi soir, et tu verras !"