Brabant wallon

Les jurés ont retenu des circonstances atténuantes en faveur de l’assassin de Tay Cruz, sa maîtresse brésilienne.

La cour d’assises du Hainaut a rendu son verdict, jeudi, dans le procès du Montois Jean-Gabriel Matterne, 49 ans, coupable d’avoir assassiné Tay Cruz, sa maîtresse brésilienne enceinte de ses œuvres, le 8 mai 2017 à Bléharies (Brunehaut). Il écope d’une peine de vingt années de réclusion criminelle.

Les jurés ont retenu des circonstances atténuantes : l’absence d’antécédents judiciaires de nature correctionnelle, un début d’amendement entamé lors de la détention préventive et le fait qu’il verse de l’argent à la famille de la victime.

Le 8 mai 2017, il a drogué sa maîtresse après avoir mis des somnifères dans son jus d’orange. Il l’a ensuite embarquée dans sa voiture pour se rendre en France.

Ne se rendant pas compte qu’il était en Belgique, il s’est arrêté près d’un bois à quelques mètres de la frontière. Il a étranglé la jeune femme avec un câble électrique. Il a ensuite jeté le corps dans un fossé et bouté le feu au cadavre. Puis il est rentré chez lui.

Le collège formé par la cour et les jurés a estimé que le mobile du crime s’était construit autour de plusieurs éléments : la lâcheté dont a fait preuve l’assassin, la déception amoureuse, la rumination, l’objectif de destruction. “Non content d’avoir ôté la vie d’une jeune femme, il a saccagé la vie du fils de la victime, la vie et l’avenir de sa propre famille.”

Le juge estime que les traits narcissiques et le manque d’empathie décrits par les experts en santé mentale ont été confirmés par l’instruction d’audience. “La cour et le jury veulent épingler la détermination dont a fait preuve l’auteur, son mépris pour la personne humaine et l’absence de considération de tous les efforts entrepris par sa compagne.”

Cependant, si l’homme a fait preuve d’égoïsme, les juges constatent qu’il a gardé de solides liens avec sa famille, ses amis, son psychologue et un visiteur de prison qui ont tous témoigné de sa souffrance durant ces deux années de détention préventive, alors qu’il n’a jamais demandé à être libéré.

Enfin, il indemnise les proches de la victime depuis son arrestation. Jean-Gabriel Matterne a versé 11 100 euros au fils de Tay qui vit au Brésil.