Décidément, la politique à Tubize, c'est presque pire que Dallas. Après l'affaire Picalausa, qui est d'ailleurs loin d'être terminée dans la cité du Betchard, c'est au tour de l'opposition de connaître quelques perturbations. En effet, ce vendredi matin, Jean-Marc Zocastello et Jean-Armand Wautier, deux figures bien connues du Renouveau Communal, ont reçu un courrier dans leur boite aux lettres leur signifiant qu'ils étaient exclus du parti! "Je ne sais pas pourquoi, lance Jean-Marc Zocastello, surpris par ce courrier auquel il ne s'attendait pas du tout. Alors oui, dans chaque groupe politique, il y a toujours des divergences de points de vue mais je ne m'y attendais pas du tout."

Il déplore d'ailleurs cette manière d'agir de la part de ses anciens colistiers. "Je lis que la majorité des conseillers a pris la décision de m'exclure du parti. Je trouve que c'est un peu une manière dictatoriale de faire les choses. Exclure deux conseillers sans même discuter avec eux alors que cela fait 25 ans que je suis mandataire et que je suis d'ailleurs le plus ancien conseiller communal du groupe, c'est un peu limite." Il regrette également le nom qui signe cette lettre qu'il a reçu ce vendredi matin dans sa boite. "Je suis extrêmement peiné que Raymond Langendries, ministre d'Etat, signe ce courrier. Je n'ai eu aucun contact, mail ou coup de téléphone préalable. Juste une missive annonçant une décision. Raymond Langendries est celui qui m'a permis de devenir mandataire et par la suite échevin quand il était bourgmestre. C'est une grosse déception et un énorme gâchis."

Même son de cloche du côté de Jean-Armand Wautier. "C'est une lettre qui a été déposée comme ça dans ma boite aux lettres et qui est signée par Raymond Langendries. De notre côté, nous n'avons pas eu le moindre contact avec eux. C'est à se demander ce que le CDH représente encore au sein du RC." Une exclusion qui n'empêchera cependant pas Jean-Marc Zocastello et Jean-Armand Wautier de continuer de siéger au conseil communal, mais plus sous la bannière RC. A noter tout de même que le RC est à tendance humaniste et que Jean-Marc Zocastello et Jean-Armand Wautier sont respectivement président régional du CDH et président de la section locale du CDH. Ambiance donc...


"Les problèmes ne datent pas d'hier!"


De son côté, Benoit Langendries, toujours bien en place au sein du RC, revient sur cette décision d'exclure ses deux anciens collègues sur les bancs du conseil. "Ça date d'il y a un an, annonce-t-il. Quelques jours avant le début du Covid, Jean-Marc Zocastello a démissionné de la présidence du RC et Jean-Armand Wautier de son poste de trésorier du groupe. A partir de là, on a vécu une période plutôt compliquée avec des divergences de points de vue assez importantes." Mais ce n'est pas ça qui a fait déborder le vase. "Le souci, c'est qu'après leur démission, on n'a plus eu de nouvelles d'eux pendant un an, continue Benoit Langendries. On invitait les conseillers communaux à des réunions de préparation aux conseils communaux mais ils ne venaient jamais aux réunions. Pire même. On a appris qu'ils organisaient des réunions parallèles, de leur côté, avec leurs sympathisants. De notre côté, vu la situation, on pensait qu'ils allaient démissionner mais comme rien ne bougeait, on a décidé de prendre les choses en main et de les exclure du parti."

Après l'affaire Picalausa, c'est un nouveau petit séisme dans le monde politique tubizien qui va certainement apporter encore un peu plus de piment au prochain conseil communal qui est prévu le 10 mai prochain et où ces exclusions seront officialisées.